Réuni le 8 avril 2026 à N’Djamena, le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale a dressé un diagnostic contrasté de la conjoncture régionale, entre signaux de stabilité et fragilités persistantes.

Les travaux ont mis en lumière une économie en phase de consolidation, mais encore exposée à de multiples déséquilibres macroéconomiques.
Dans l’espace CEMAC, la croissance économique est estimée à 3,5 % en 2025, tirée principalement par le secteur non pétrolier, tandis que les industries extractives ont marqué un ralentissement en fin d’exercice. Parallèlement, l’inflation a nettement reculé, passant de 4,1 % en 2024 à 2,1 % en 2025, retrouvant ainsi un niveau compatible avec les objectifs de stabilité monétaire fixés par la Banque des États de l’Afrique centrale.
Pour 2026, les projections tablent sur un ralentissement de la croissance à 2,9 %, avant une reprise progressive à moyen terme. Toutefois, les autorités communautaires alertent sur plusieurs risques majeurs, notamment l’aggravation des déficits publics, la pression sur les réserves de change et le durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux. Ces facteurs pourraient fragiliser les équilibres macroéconomiques déjà sous tension.
La coopération avec le Fonds monétaire international apparaît également en nette fragilisation. La suspension de la revue régionale des politiques communes a entraîné une contraction de plus de 80 % des appuis budgétaires en un an, affectant directement plusieurs États membres, dont le Tchad et la République centrafricaine. Dans ce contexte, les ministres appellent à une accélération des réformes structurelles et à la conclusion de nouveaux programmes avec l’institution de Bretton Woods.
Sur le plan financier, la Banque des États de l’Afrique centrale a enregistré un résultat net de 300,7 milliards FCFA au titre de l’exercice 2025, en baisse de plus de 15 % par rapport à l’année précédente, reflétant un environnement économique moins favorable et une gestion plus contrainte des actifs extérieurs.
Enfin, plusieurs réformes structurantes ont été adoptées, notamment la monétisation de l’or pour renforcer les réserves de change, la création d’une centrale des risques bancaires intégrant la microfinance, ainsi que la modernisation des systèmes de paiement à travers le QR code unifié et l’automatisation des transactions. Ces mesures visent à renforcer la stabilité financière et à favoriser l’inclusion économique dans la sous-région. Ces orientations traduisent une volonté de consolidation durable. A moyen terme et à long terme.
Jean-René Meva’a Amougou






