Elles interpellent leur maire pour rappeler que le développement se construit avec elles.

Sous le ciel frais de Boumnyebel, ce lundi 6 avril 2026, les habitants affluent, non pour obéir, mais pour parler, partager, se faire entendre. Depuis les quatre coins de Ngog-Mapubi, ils convergent vers le domicile de Sa Majesté Enanè, portant chacun l’histoire de son quartier, le poids de ses besoins, le rêve de ses enfants. À 9 heures précises, le maire Jean Pascal Nken Nemb apparaît, silhouette droite, regard attentif. Les villageois l’accueillent avec des sourires éclatants, des mains tendues, des yeux qui scrutent, qui questionnent, qui espèrent. Ici, on ne se contente pas d’écouter : on dialogue, on vit, on s’adresse.
Un jeune homme lance, riant, la voix claire: «Monsieur le maire, nos routes ressemblent à des montagnes russes, nos motos font des loopings involontaires!» Les adultes enchaînent, porteurs de voix multiples: «Nous avons besoin d’eau, d’écoles solides, d’un peu de lumière sur nos chemins sombres.» Les mots se mêlent aux rires, aux exclamations, ponctués de regards complices. Une vieille dame, appuyée sur sa canne, ajoute:
«Nos enfants doivent apprendre sans glisser dans la boue. Aidez-nous à garder nos écoles debout, qu’elles résistent aux années et aux tempêtes».
Le maire écoute, prend des notes, laisse le flot des voix couler comme une rivière qui irrigue la terre des idées. Les jeunes interviennent, la voix vibrante d’énergie : « Monsieur le maire, regardez nos champs, nos projets pour la jeunesse ! Si vous nous aidez, nos initiatives fleuriront comme les flamboyants en mai. » Leurs yeux brillent, leur courage éclate dans la lumière du matin.
Les habitants plus âgés reprennent: «Nous voulons que Bôt- Makak vive, que chaque village respire, que nos traditions ne se perdent pas dans le temps.» Ils parlent des fêtes, des rites, des chants et danses qui font l’identité du village. Les enfants, curieux, observent, imitent, apprennent déjà la mémoire des lieux. Chaque doléance, chaque espoir, chaque sourire compte. Le dialogue est sincère, vibrant, profondément humain.
Le maire répond, rassure, promet un suivi attentif. Les habitants repartent, le cœur léger, certains déjà imaginant les routes refaites, les écoles restaurées, l’eau qui coule enfin. La rencontre se termine dans un souffle de fatigue et de satisfaction, sous le ciel bleu encore doux du matin. Mais la parole semée continuera de pousser, les idées germeront, et Ngog-Mapubi avancera, village après village, sourire après sourire, guidé par le partage et l’action commune, jusqu’à ce que chaque voix ait trouvé son chemin.
Ongoung Zong Bella






