À Ebolowa, les fils et filles du Sud vivant à l’étranger passent de la nostalgie à l’action, décidés à investir leurs compétences et leurs moyens pour transformer durablement leur région d’origine.

À Ebolowa, il ne soufflait pas qu’un simple vent ce 31 mars 2026, mais presque une bourrasque d’idées, de rêves et d’ambitions bien coiffées. À l’occasion de l’Assemblée Générale constitutive de la Fédération des Organisations de Développement Local du Sud (FODELS), la diaspora de la Région du Sud a décidé de ne plus regarder son terroir avec nostalgie… mais avec stratégie.Ils sont venus d’Occident, valises pleines d’expériences, têtes remplies de projets et cœurs solidement accrochés à la terre natale. Ingénieurs, financiers, experts en développement, parfois même champions du système D version internationale, tous ont parlé d’une seule voix : « Le Sud mérite mieux, et nous aussi, accessoirement. »Dans cette symphonie d’engagement, Charles Achille Endande a joué la partition du sage. Avec la sérénité de celui qui a vu passer plus d’un projet mal ficelé, il a invité les jeunes à faire ce que l’on oublie souvent : travailler ensemble. Oui, ensemble, ce mot magique qui, dans certains contextes, ressemble davantage à un vœu pieux qu’à une réalité opérationnelle.Mais ici, pas question de poésie sans action. La diaspora veut du concret, du palpable, du mesurable — bref, du développement qui ne reste pas coincé dans les discours. Il est question de migration circulaire (aller, revenir, repartir… mais surtout revenir utile), de transfert de compétences, de mobilisation de ressources et de création d’un fichier des talents.
Une sorte d’annuaire des génies du Sud, où chaque nom serait une promesse et chaque compétence, une brique pour bâtir l’avenir.Dans les quatre départements de la région, les projets annoncés veulent faire plus que briller sur papier glacé. Ils ambitionnent d’éclairer les villages, d’animer les villes et, pourquoi pas, de donner au mot « opportunité » un accent du Sud bien assumé. Entre ateliers, campagnes de sensibilisation et actions bénévoles, l’idée est simple : retrousser les manches sans oublier de garder le sourire.Car il faut bien l’avouer, la Région du Sud traîne encore quelques casseroles : manque de coordination, initiatives dispersées, esprit communautaire parfois timide. Mais comme dans toute bonne histoire, les défauts d’hier deviennent les leçons d’aujourd’hui. Et cette fois, les acteurs semblent décidés à transformer les essais, sans transformer les réunions en marathons sans fin.
Le développement est désormais une affaire de famille, une relation filiale où chacun est appelé à jouer sa partition. Une sorte d’orchestre où les talents ne doivent plus jouer en solo, mais en harmonie. Et si parfois les notes grincent, qu’importe : l’essentiel est de continuer à jouer, ensemble, jusqu’à trouver la bonne mélodie.Au fond, ce rendez-vous d’Ebolowa n’était pas qu’une assemblée. C’était une promesse murmurée à l’oreille de l’avenir. Une promesse que le Sud ne sera plus seulement une terre de souvenirs, mais une terre d’actions. Et comme toute belle promesse, elle mérite d’être tenue… avec un peu de rigueur, beaucoup de travail, et juste ce qu’il faut de folie pour croire que, oui, cette fois, c’est la bonne.
Rémy Biniou






