Round up dans les domiciles et lieux de réjouissances de la capitale camerounaise pour apprécier le vote qui se déroule à l’assemblée nationale

Le samedi 4 avril 2026, par ailleurs samedi saint, entre à coup sûr dans l’histoire politique du Cameroun. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a un record en termes d’audience. Bars et domiciles connaissent une ambiance très studieuse. Les occupants suivent en live le déroulement de la modification constitutionnelle qui ressuscite le poste de Vice-président au Cameroun.
C’est un silence de cimetière qui règne au domicile de Magloire sis derrière CETIC Nkongoa. Pour ne pas rater un seul instant de cette plénière, le chef de famille met ses enfants dans la chambre : « Entrez tous dans la chambre et dormez. Si j’entends le moindre bruit, non seulement je vous fouette, mais vous n’allez plus regarder la télé ». Même son épouse est recadrée, « aujourd’hui place à l’avenir du pays. Pas de Noëls ou de bavardage », prévient-il. Durant tout le processus, Magloire reste scotché à l’écran. Il ne décroche aucun appel, même son WhatsApp reste fermé : « je vais seulement ouvrir le téléphone après. Je suis le processus seul. Même m’asseoir avec quelqu’un je ne veux pas », assure-t-il. Après l’adoption du texte, soit plus de 4 heures d’horloge, il exulte. Son plat de nourriture risque de se renverser, « ouf enfin, la transition est tranquille. On sort de l’incertitude », dit-il, soulagé.
Tonton, parrain d’un enfant, a dû mettre en veille ses préparatifs. Tonton a en réalité oublié qu’il devrait se rendre à la paroisse de Lada non loin de Nkoabang. Cet oubli est plus accentué par les commentaires dans lesquelles il est plongé. C’est à la venue de la mère du petit Jordan qu’il se souvient de l’événement « mince, c’est en te voyant que je pense que je devrais déjà être à la paroisse, j’ai complètement oublié que je suis parrain. L’évènement autour de la modification constitutionnelle m’a emporté. J’espère que mon filleul va me pardonner. C’est l’avenir du pays et de mon fils qui en dépendent », révèle-t-il. Il tient ce discours pour essayer d’apaiser la colère de son épouse et la mère de son filleul.
C’est un brouhaha total auquel on assiste chez White. Ce bar boutique situé à Abongbang, sur la route de Mfou. L’équipe du Journal Intégration qui sillonne les quartiers assiste à un battle entre partisans et opposants de la révision constitutionnelle. Difficile de suivre les uns et les autres. Même le déroulement de la session. Un vrai bal des sabitous (des savants autoproclamés), « je suis dépassé avec les toutoulogues. Ils ne veulent pas suivre les débats. Tu ne peux rien piger avec ces gens. Après le vote, ils vont inventer le droit », regrette le barman.
André Gromyko Balla





