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Culture et transformation du cacao : Ici ouvre un bureau à Yaoundé

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Photo de famille après l'inauguration de l'antenne ICI de Yaoundé

L’International Cocoa Initiative (ICI) a officiellement lancé ses activités au Cameroun le 31 mars dernier.

Photo de famille après l’inauguration de l’antenne ICI de Yaoundé

Dans l’ombre des cabosses mûries sous le soleil des campagnes camerounaises, une transformation discrète mais déterminante est en marche. Avec l’implantation de l’ICI, le Cameroun franchit une étape majeure dans la structuration durable de sa filière cacao, entre exigences internationales et réalités locales.

Installé dans le cadre d’un partenariat avec les pouvoirs publics, ce nouveau bureau incarne bien plus qu’une simple présence institutionnelle. Il symbolise une volonté affirmée : accompagner les producteurs vers des pratiques plus responsables, conciliant performance économique, respect de l’environnement et protection des droits sociaux.

La cérémonie officielle, présidée par le représentant du Premier ministre, le conseiller spécial Chief Dr Blessed Okole, a réuni plusieurs membres du gouvernement. Un signal fort, qui traduit l’importance stratégique accordée à cette initiative. Pour Matthias Lange, directeur exécutif de l’ICI, cette implantation s’inscrit dans une dynamique plus large, celle du dialogue entre le Cameroun et l’Union européenne autour des piliers de la durabilité. « Le pays a engagé des efforts notables pour améliorer son cadre juridique, notamment en matière de protection des enfants », souligne-t-il. Une reconnaissance qui conforte les autorités dans leur ambition de moderniser la filière.
Car le choix du Cameroun n’a rien d’un hasard. Avec une production estimée à 309 518 tonnes lors de la campagne 2024-2025, selon l’Institut national de la statistique, le pays s’impose comme un acteur clé en Afrique centrale, derrière les géants ivoirien et ghanéen. Mais au-delà des volumes, c’est désormais la qualité et la traçabilité qui deviennent les nouveaux leviers de compétitivité.

Sur le terrain, cette mutation est accueillie avec intérêt, mais aussi avec prudence. Michael Ndoping, directeur de l’Office national du cacao et du café (ONCC), voit dans l’arrivée de l’ICI une opportunité d’aligner la filière camerounaise sur les standards internationaux. « C’est un pas important pour renforcer notre crédibilité sur les marchés », explique-t-il.

Cependant, les défis restent nombreux. L’instabilité du prix du cacao, notamment la baisse observée cette année, fragilise les producteurs. « Les efforts pour garantir un revenu stable sont mis à rude épreuve », alerte-t-il. Car produire de manière durable a un coût : meilleure rémunération de la main-d’œuvre, respect des normes sociales, investissements dans des pratiques agricoles responsables.

Dans les villages cacaoyers, ces enjeux prennent une dimension concrète. Entre traditions familiales et contraintes économiques, la lutte contre le travail des enfants reste un défi majeur. Le manque d’information, les réalités socio-culturelles et la pression économique continuent d’alimenter des pratiques que les autorités tentent de corriger.

C’est ici que l’ICI entend jouer un rôle structurant. Sensibilisation, accompagnement des producteurs, promotion de bonnes pratiques : l’organisation se positionne comme un catalyseur de changement.
Ainsi, derrière les chiffres et les discours officiels, se dessine le portrait d’une filière en transition. Une filière qui, entre fragilité et ambition, cherche à concilier tradition et modernité. Et dans ce mouvement, le Cameroun pourrait bien écrire une nouvelle page de son histoire cacaoyère, plus éthique, plus durable… et résolument tournée vers l’avenir.

Bobo Ousmanou

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