Jean, le second disciple, vit et crut. Mais que vit-il? Les linges sans le corps de Jésus.
Souvenons-nous que c’est dans ces linges de lin qu’avait été enveloppé le corps de Jésus. Pour Jean, ces linges posés à plat sont une preuve que Jésus est ressuscité. Alors, il crut. Et c’est après cela que tout devint clair pour lui. Par exemple, ces deux paroles de Jésus: « Détruisez ce temple et en 3 jours je le relèverai » (Jean 2, 19) et « Après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée (Matthieu 26, 32). Ce qui conduira plus tard saint Anselme à écrire: « Il ne faut pas comprendre pour croire. Il faut croire pour comprendre. » On peut croire que Jésus est ressuscité d’entre les morts sans avoir vu le tombeau vide, sans avoir aperçu les linges abandonnés dans le tombeau.
Si croire en la résurrection est donc la chose la plus importante pour nous, chrétiens, nous ne pouvons néanmoins nous contenter de croire. Pierre ne se contenta pas de croire que Jésus était ressuscité. Lui qui renia Jésus pendant la passion de ce dernier se racheta en quelque sorte en faisant montre d’une audace extraordinaire chez un centurion de l’armée romaine, à Césarée. Césarée était la ville de résidence de Pilate, l’homme qui, par manque de courage, libéra un bandit, Barabbas, et condamna un innocent. C’est dans cette ville où une parole déplacée pouvait lui coûter la vie que Pierre fera une annonce inimaginable de sa part il y a quelques jours: « Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité, le troisième jour. »
C’est cette audace que je voudrais demander à Dieu pour chacun de nous: de l’audace pour parler là où certains préféreraient se taire pour éviter d’avoir des ennuis, de l’audace pour demander ou accorder le pardon, de l’audace pour sortir de notre confort pour rejoindre « les périphéries géographiques et existentielles », de l’audace pour faire triompher la gratuité sur la logique du « on ne fait rien pour rien », de l’audace pour être sel et lumière dans le monde professionnel, politique, syndical, de l’audace pour ne pas se conformer servilement au politiquement correct. Joyeuses Pâques à tous !
Jean-Claude Djéréké
