La Banque africaine de développement confirme son rôle stratégique au Gabon en mobilisant ce pactole pour des projets d’infrastructures clés, tout en accompagnant le pays dans sa transformation économique et ses ambitions de diversification.

La Banque africaine de développement (BAD) renforce son engagement au Gabon avec des financements massifs destinés à soutenir des projets d’infrastructures structurants et à accompagner la diversification économique du pays. Selon le rapport publié le 25 mars, la mission de haut niveau conduite du 8 au 15 mars 2026 à Libreville, sous la direction de Léandre Bassolé, directeur général pour l’Afrique centrale, a permis des échanges approfondis avec les autorités locales, dont le vice-président Alexandre Barro Chambrier et le vice-Premier ministre Hermann Immongault. L’objectif était de consolider un partenariat stratégique portant sur les infrastructures, l’agriculture et le secteur minier, considéré comme un levier clé pour la croissance et la diversification économique.
Les chiffres traduisent la montée en puissance de cette coopération. Entre 2015 et 2025, la BAD a approuvé vingt opérations totalisant 914,99 millions d’euros, soit plus de 600 milliards Fcfa. Le portefeuille de l’institution panafricaine est passé de 11,64 millions d’euros (7,6 milliards FCFA) en 2015 à 557,37 millions d’euros (365,6 milliards FCFA) au 28 février 2026, illustrant une intensification spectaculaire du soutien financier au pays.
Une grande partie de cette dynamique repose sur des projets d’infrastructures structurants, parmi lesquels le Programme d’appui au secteur des infrastructures (PASIG 1) et le chantier stratégique de la route Ndendé-Doussala. Ce projet, long de 46 km, bénéficie d’un financement combiné de 92,78 millions d’euros (60,9 milliards FCFA) de la BAD et de 44,83 millions d’euros (29,4 milliards FCFA) de l’Africa Growing Together Fund, soit un total de plus de 90 milliards Fcfa.
Pour Léandre Bassolé, la réussite de ces investissements ne se mesure pas uniquement en chiffres mais également en qualité d’exécution. « Le Gabon a réalisé des progrès remarquables grâce à notre partenariat, et c’est parce que nous croyons au potentiel de ce pays que nous nous engageons avec rigueur dans le suivi de chaque projet », a-t-il déclaré.
La mission a toutefois identifié des défis, notamment sur la route Ndendé-Doussala, qui accuse un taux d’exécution de seulement 27% alors que 62% du délai contractuel est déjà écoulé. La BAD a averti que ce retard constitue un risque élevé pour l’achèvement des travaux avant le 31 décembre 2026 et a annoncé la mise en place de mesures fermes avec les autorités gabonaises pour atteindre cet objectif.
Avec plus de 600 milliards FCFA engagés, la BAD confirme que son appui dépasse la simple dimension financière. Il s’agit d’un levier concret pour renforcer les infrastructures, soutenir la croissance, moderniser les secteurs stratégiques et accompagner le Gabon dans sa transformation économique, tout en veillant à la qualité et à l’efficacité des investissements.
Bobo Ousmanou






