La culture du cacao et du café n’est désormais plus étrangère aux femmes camerounaises. Longtemps réservé aux hommes, ce secteur voit aujourd’hui une implication croissante de la gent féminine, qui en maîtrise désormais les techniques de production et de transformation.

Ce leadership féminin repose souvent sur des histoires de passion, d’héritage culturel, de responsabilités familiales, mais aussi d’opportunités économiques. « Nous avons intégré la culture du café pour accompagner les hommes. Nous avons constaté que lorsque les femmes n’étaient pas impliquées, les plantations étaient abandonnées après le décès des maris. Nous nous sommes organisées pour résoudre ce problème. Aujourd’hui, nous sommes autonomes, nous payons la scolarité de nos enfants et construisons nos maisons », Explique Rebecca Kamgue, PCA de la coopérative Coopafernos, forte de 1800 productrices. Malgré ces avancées, les femmes font face à plusieurs obstacles, notamment l’accès à la terre, aux financements et aux intrants agricoles. Pourtant, elles développent une résilience remarquable et s’adaptent aux exigences du marché.
« Nous nous lançons dans la transformation du cacao pour créer plus de valeur. Nous produisons du beurre de cacao, mais manquons de machines. Si nous en avions, nous pourrions mieux valoriser nos produits », souligne Suzanne Nke, PCA d’une coopérative de la Lekié.
Ce dynamisme est mis en lumière lors du Festival du cacao et du café 2026, tenu à Yaoundé du 26 au 28 mars, autour du thème : « La femme au cœur des filières cacao et café ». L’événement vise à promouvoir l’autonomisation économique des femmes, encourager la transformation locale et valoriser les pratiques durables. Les produits présentés illustrent la diversité et la créativité du secteur : beurre de cacao, poudre aromatisée, chocolat, produits cosmétiques, huiles naturelles. « Nous transformons le cacao depuis 2018 : fèves torréfiées, beurre, poudre, cosmétiques », explique Suzanne Bopda, promotrice de la coopérative Sotraca.
Un marché en pleine effervescence
Pendant trois jours, le festival a servi de vitrine au made in Cameroon. Les visiteurs ont découvert une large gamme de produits : chocolat noir et blanc, pâte à tartiner, fèves caramélisées, thé de cacao, produits cosmétiques. « J’adore le cacao. Les produits locaux sont plus riches, avec 80 à 90 % de cacao », témoigne Cyrille Mbia.
Louise Nsana
Ils ont dit…
Sylvestre Messanga Essono, chef de Département des opérations
« Profitons de la conjoncture pour améliorer la production »

Je ne peux pas, en tant qu’un acteur de la filière de longue date, leur tenir un moindre mot de démotivation ; pour la simple raison que les gens de la terre ont ce qu’on appelle le bon sens paysan. Ils savent d’où ils viennent. Ils savent qu’il y a environ dix ans, nous étions exactement à cette fourchette de prix 800 – 1000 FCFA. Le marché a accepté notre cacao et on a atteint 2000FCFA, 2500FCFA, 3000FCFA, on a atteint les sommets. En dehors d travail intrinsèque qui a été fait sur le terrain en matière d’amélioration des qualités, nous n’avons pas utilisé un levier particulier pour que le marché atteigne ce niveau et que nous en profitions. Maintenant que les leviers qui nous sont exogènes ont fonctionné et que ça recommence à chuter, nous ne pouvons que développer des capacités de résilience en travaillant sur des axes qui permettent de compenser. C’est-à- dire: améliorer la productivité et la qualité. Si vous produisez 600 kg à l’hectare, quand ça coute 4000FCFA c’est bon.
Si vous produisez 800Kg, quand ça coute 1000FCFA, vous n’êtes pas très perdant parce que vous avez augmenté la quantité malgré que le prix soit descendu. Donc en ce moment, le discours que nous tenons aux producteurs c’est de ne pas abandonner les plantations. Nous savons que c’est un investissement mais vous pouvez ne plus faire 100% parce que vous n’avez pas les moyens, mais faites au minimum 50% d’entretien pour maintenir vos plantations. C’est un message concret parce que le cycle des prix, nous ne le maitrisons pas, mais tout ce qu’on a constaté c’est que le cacao va augmenter à un moment où un autre et il ne faudrait pas que ça trouve que nous avons coupé ou abandonner les plantations; parce que ce qui s’est passé justement c’est que beaucoup avaient abandonné et ont coupé. Quand les prix ont atteint donc les 4000FCFA – 5000FCFA, ils se sont mis à replanter et c’est ceux-là qui sont dans les difficultés maintenant. Mais nous, on a voulu tenir ce discours : densifions nos plantations, rechargeons, profitons de la conjoncture pour améliorer les itinéraires de production, pour diminuer les charges de production.
Linda Elobo, promotrice de Mandy Chocolat
«Notre principal défi c’est véritablement les financements»

Je ne peux pas, en tant qu’un acteur A l’heure actuelle, nous avons trois produits dans la ligne infusion. Nous avons cacao nature, cacao menthe et cacao citron. Nous existons depuis trois ans et je me suis lancée dans la transformation du cacao parce que je suis arrière-petite-fille et petite-fille de cultivateurs de cacao. J’ai grandi là-dedans et j’en consommais déjà. A côté de ça, j’ai une réelle passion pour tout ce qui est en fusion. Voilà comment l’idée m’est venu de jumeler me deux passions et c’est c qui a conduit à la création de ma marque Mandy chocolat. Il y a une mini industrie derrière qui travaille pour que vous ayez le produit fini et là notre principal défi c’est véritablement les financements parce que jusqu’à date, nous sommes sur fonds propres et nous espérons des accompagnements parce qu’est vraiment un investissement lourd. Ce d’autant que nous envisageons de nous lancer dans d’autres marchés. C’est pour cela que nous sommes venu au Festi Cacao et café avec l’intention de trouver des partenariats. de la filière de longue date, leur tenir un moindre mot de démotivation ; pour la simple raison que les gens de la terre ont ce qu’on appelle le bon sens paysan. Ils savent d’où ils viennent. Ils savent qu’il y a environ dix ans, nous étions exactement à cette fourchette de prix 800 – 1000 FCFA. Le marché a accepté notre cacao et on a atteint 2000FCFA, 2500FCFA, 3000FCFA, on a atteint les sommets.
En dehors d travail intrinsèque qui a été fait sur le terrain en matière d’amélioration des qualités, nous n’avons pas utilisé un levier particulier pour que le marché atteigne ce niveau et que nous en profitions. Maintenant que les leviers qui nous sont exogènes ont fonctionné et que ça recommence à chuter, nous ne pouvons que développer des capacités de résilience en travaillant sur des axes qui permettent de compenser. C’est-à- dire: améliorer la productivité et la qualité. Si vous produisez 600 kg à l’hectare, quand ça coute 4000FCFA c’est bon. Si vous produisez 800Kg, quand ça coute 1000FCFA, vous n’êtes pas très perdant parce que vous avez augmenté la quantité malgré que le prix soit descendu. Donc en ce moment, le discours que nous tenons aux producteurs c’est de ne pas abandonner les plantations. Nous savons que c’est un investissement mais vous pouvez ne plus faire 100% parce que vous n’avez pas les moyens, mais faites au minimum 50% d’entretien pour maintenir vos plantations. C’est un message concret parce que le cycle des prix, nous ne le maitrisons pas, mais tout ce qu’on a constaté c’est que le cacao va augmenter à un moment où un autre et il ne faudrait pas que ça trouve que nous avons coupé ou abandonner les plantations; parce que ce qui s’est passé justement c’est que beaucoup avaient abandonné et ont coupé. Quand les prix ont atteint donc les 4000FCFA – 5000FCFA, ils se sont mis à replanter et c’est ceux-là qui sont dans les difficultés maintenant. Mais nous, on a voulu tenir ce discours : densifions nos plantations, rechargeons, profitons de la conjoncture pour améliorer les itinéraires de production, pour diminuer les charges de production.
Pauline Patricia Nyebel, promotrice de Mapubi
«Je voudrais évoluer dans mon processus de commercialisation»

Quand on utilise le café sur la peau, on a d’abord une très bonne sensation, on se sent à l’aise. Le café a un effet gommant et uniformise le teint. Il corrige de nombreuses imperfections de la peau. Avec ma formation en cosmétique, j’ai choisi de faire dans des produits naturel qui n’agressent ni n’endommagent la peau. Alors, j’ai eu l’idée de me tourner vers le café à cause de ses vertus. Je fais ces savons, gels douches, baume depuis cinq ans et jusqu’ici je vendais mes produits e porte-à-porte mais maintenant je voudrais évoluer dans mon processus de commercialisation. Il était donc question pour moi de venir ici pour voir comment les autres travaillent.






