Home AMBASSADES Coopération Cameroun-France : peut survivre à tout, sauf aux factures impayées

Coopération Cameroun-France : peut survivre à tout, sauf aux factures impayées

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Le 25 mars dernier, Paris a mis Yaoundé sur le banc de touche : régler ses dettes publiques à temps devient un impératif pour sauver l’amitié économique et relancer la confiance des investisseurs français.

Nicolas Forrisier au sortir de son entretien avec le MINFI

La France souffle à l’oreille du Cameroun un petit rappel qui a le goût d’un avertissement sérieux : régler à temps les dettes envers les entreprises françaises n’est pas qu’une question de politesse, c’est un véritable enjeu économique. À Yaoundé le 25 mars dernier, Nicolas Forissier, ministre délégué français chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, a planté le décor à l’issue de son entretien avec Louis Paul Motaze, le ministre camerounais des Finances. Selon le membre du gouvernement français, les retards de paiement, récurrents dans les marchés publics, commencent à peser lourd sur la confiance des investisseurs et pourraient ternir le charme de Yaoundé pour les affaires.

Il s’agit de dizaines de milliards FCFA dus à des sociétés françaises, notamment dans le secteur des travaux publics. Imaginez un instant : des routes à moitié finies, des entreprises patientant des mois pour encaisser leurs factures et Paris qui lorgne, les sourcils froncés, sur la gestion des comptes publics camerounais. « Il y a toujours des raisons», concède Forissier, mais « tout ce qu’on peut trouver pour se débarrasser des retards de paiement contribue à améliorer l’attractivité de l’économie camerounaise ». Traduction : payez à l’heure, et les affaires tourneront mieux.

L’enjeu dépasse donc la simple dette commerciale. Pour la France, il s’agit de stabiliser un environnement d’investissement où la prévisibilité, la transparence et la clarté des règles ne sont pas que de vains mots. Le ministre évoque la sécurité réglementaire, la fiscalité des entreprises et la gestion administrative comme autant de terrains où Yaoundé pourrait avancer. En filigrane, il appelle à un climat propice aux partenariats « gagnant-gagnant » : plus de clarté, plus de paiement à temps, plus d’entreprises françaises sur le marché camerounais… et moins de grimaces dans les bureaux parisiens.

Car la France reste un acteur économique majeur au Cameroun : sixième partenaire commercial du pays, avec plus de 200 entreprises et 20 000 emplois. Les échanges ont atteint près de 1 000 milliards de FCFA en 2023, malgré un recul par rapport à l’année précédente. La balance commerciale demeure favorable au Cameroun, mais Paris veut plus qu’un simple équilibre : elle veut de la visibilité, de la sécurité et des délais respectés.
Au fond, ce rappel est simple mais sérieux : l’amitié franco- camerounaise peut survivre à tout, sauf aux factures impayées.

Ongoung Zong Bella

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