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Cameroun–OIF : 50 ans de coopération : entre promesses, limites et urgence de réinvention

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Réunis à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (l’IRIC), experts et décideurs dressent un bilan sans
complaisance d’un demisiècle de coopération, appelant à une refondation plus équitable, concrète et tournée vers l’avenir

Du beau monde à l’IRIC à la faveur du Colloque scientifique

Le colloque scientifique sur le thème « 50 ans de coopération Cameroun-Francophonie : bilan, défis et perspectives
pour une prospérité partagée » s’est tenu les 12 et 13 mars 2026 à l’amphithéâtre 500 de l’IRIC. Pendant deux jours, universitaires, diplomates et experts ont croisé leurs regards pour revisiter un demi-siècle de relations marquées à la fois par des avancées notables et des zones d’ombre persistantes.

Pour le Pr. Alain Ndzié, spécialiste des relations internationales, « ce type de rencontre est essentiel pour revisiter les fondements d’une coopération parfois routinière. Il permet de confronter les discours officiels aux réalités du terrain et d’ouvrir un espace critique, sans complaisance mais constructif, sur les acquis et les limites observés ».
Au coeur des échanges, le bilan de cette coopération a suscité des analyses nuancées. Si des progrès significatifs
ont été relevés dans les domaines de l’éducation, de la diplomatie et de la promotion de la langue française, certains intervenants ont souligné les limites d’une collaboration parfois jugée asymétrique.

La question de l’efficacité des mécanismes de solidarité francophone et de leur impact réel sur le développement
local a ainsi alimenté des débats nourris. Selon Marie-Claire Essono, analyste des politiques publiques, « la Francophonie a produit des résultats visibles, mais leur répartition reste inégale. Les bénéfices sont souvent
concentrés dans certains secteurs, laissant de côté des populations qui peinent encore à percevoir les retombées concrètes de cette coopération ».


Les défis actuels n’ont pas été éludés. Entre mondialisation, diversification des partenariats internationaux et montée en puissance d’autres espaces linguistiques, la Francophonie est appelée à se réinventer. Les participants ont insisté sur la nécessité d’adapter les stratégies aux réalités contemporaines, notamment en renforçant l’intégration économique, l’innovation et l’implication des jeunes. D’après Jean-Baptiste Fouda, consultant
en gouvernance, « la Francophonie doit sortir d’une logique symbolique pour entrer dans une dynamique de compétitivité. Elle ne peut plus se contenter de promouvoir une langue, elle doit devenir un véritable levier
économique et stratégique pour ses États membres ».

En perspective, le colloque a ouvert des pistes pour une coopération renouvelée, davantage axée sur des résultats
concrets et une prospérité véritablement partagée. L’accent a été mis sur l’importance d’un partenariat équilibré, fondé sur l’écoute mutuelle et la valorisation des potentialités locales. Une manière de rappeler que, cinquante ans après, la coopération Cameroun-Francophonie reste un chantier en constante évolution, entre héritage et réinvention. Pour Aïcha Mballa, experte en intégration régionale, «l’avenir de cette coopération dépendra de sa capacité à intégrer les besoins locaux dans une vision globale. Il ne s’agit plus seulement de coopérer, mais de coconstruire des solutions adaptées, durables et inclusives pour les générations futures ».

Jean-René Meva’a Amougou

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