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Trafic illégal d’or : Paul Biya déclenche la traque des réseaux

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Une commission d’enquête mixte, dotée de pouvoirs étendus, est lancée pour identifier les filières et responsables du trafic d’or, tandis que la société civile appelle à la transparence et au suivi effectif des investigations.

Au Cameroun, l’or ne brille pas toujours là où on croit, et Paul Biya a décidé que les filous de la pépite allaient enfin passer au détecteur. Le président de la République a donné ses « Très Hautes Instructions » à travers une correspondance datée du 23 février 2026, relayée par le ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh, pour la mise en place d’une commission d’enquête mixte sur le commerce clandestin de l’or. Cette initiative survient alors que le dernier rapport de l’ITIE souligne d’importantes pertes de recettes pour l’État, estimées à plusieurs milliards de francs chaque année, en raison des circuits parallèles et de l’exportation illicite du métal précieux.

Composée de représentants des forces de défense et de sécurité, des services miniers et des autorités judiciaires, la commission est conçue pour aller au-delà du simple recensement. Ses missions incluent la traque des réseaux de trafic, l’identification des zones d’exploitation informelle, et surtout la détermination des responsabilités individuelles et institutionnelles. Selon un acteur proche du dossier, « la commission dispose de pouvoirs étendus pour interroger, saisir et analyser les flux financiers liés à l’or. Si elle agit avec rigueur, elle peut transformer le secteur aurifère camerounais ».

La société civile, tout en saluant l’initiative, reste prudente. Plusieurs ONG locales rappellent que la réussite de cette mission dépendra de l’indépendance et de la transparence des enquêtes. « Trop souvent, les rapports finissent par circuler en coulisses sans jamais déboucher sur des sanctions effectives », souligne une représentante d’Initiative pour la bonne gouvernance. Elle insiste sur la nécessité d’un suivi citoyen pour que la commission ne reste pas un simple outil de communication politique, mais un véritable mécanisme de contrôle.
Les experts miniers estiment que la commission pourrait également proposer des réformes structurelles, comme l’amélioration des filières légales d’exportation, la formalisation de l’exploitation artisanale, et la création d’un système de traçabilité pour l’or brut. « La clé, c’est d’attaquer le problème à la source », explique un économiste spécialisé dans les ressources extractives. « Sans cadre transparent et contrôlé, même la meilleure enquête ne suffira pas à stopper les pertes pour l’État ».

Cette démarche représente donc une opportunité inédite pour la gouvernance des ressources naturelles. « La commission d’enquête a le potentiel d’éclairer des zones longtemps restées dans l’ombre, mais son impact réel dépendra de la volonté politique et de l’engagement des citoyens à suivre ses travaux », commente Joseph Noumbissi, acteur de la société civile. Dans un secteur où l’opacité a longtemps prévalu, le Cameroun passe un test de crédibilité : l’or clandestin ne pourra plus briller à l’abri des regards.

Jean-René Meva’a Amougou

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