La route Douala–Bangui, qui relie le principal port du Cameroun à la capitale centrafricaine, s’impose comme un projet d’infrastructure vital pour l’économie de la sous-région. Ce corridor n’est pas qu’un simple axe routier : il est appelé à devenir un vecteur de commerce, d’intégration et de développement inclusif.

L’importance de cette infrastructure réside d’abord dans sa capacité à faciliter les échanges entre un port stratégique et l’intérieur du continent. Douala, hub logistique majeur, constitue le point de passage pour de nombreux produits importés et exportés vers la République centrafricaine. Aujourd’hui, le corridor est confronté à des défis historiques : routes dégradées, zones enclavées et accès limité aux marchés pour les producteurs locaux. Ces contraintes ralentissent les transactions, alourdissent les coûts logistiques et freinent l’attractivité économique de la région.
C’est dans ce contexte que le ministère des Travaux Publics (MINTP) du Cameroun et la Banque Islamique de Développement (BID) envisagent d’intensifier leur coopération. Le 18 février dernier à Yaoundé, la mission de la BID, conduite par Hammad Hundal, a confirmé la volonté de financer la réhabilitation et la modernisation de l’axe, sous réserve des études techniques nécessaires. L’objectif : transformer le corridor en un véritable catalyseur économique capable de desservir les populations locales tout en soutenant le commerce régional.
Les bénéfices attendus sont multiples. Pour les producteurs centrafricains, l’accès à Douala permettra de réduire les coûts de transport et de limiter les pertes liées aux mauvaises conditions routières. Pour le Cameroun, c’est l’occasion de renforcer son rôle de hub logistique et de consolider les recettes liées au transit. Au-delà des aspects économiques, la route favorisera la cohésion sociale et le désenclavement des communautés rurales qui vivent le long du corridor.
Cependant, le projet comporte aussi des défis. La sécurisation des tronçons sensibles, la gestion des impacts environnementaux et l’entretien pérenne de la route exigent une planification rigoureuse. Les autorités camerounaises et la BID semblent conscientes que ce corridor ne doit pas seulement être construit, mais surtout durable et inclusif. Les prochains mois seront décisifs pour traduire cette vision en réalité tangible, transformant enfin une route historique en véritable artère de prospérité.
Bobo Ousmanou





