Face à un environnement sécuritaire de plus en plus instable, l’Afrique centrale s’efforce de transformer ses engagements politiques en instruments opérationnels crédibles.

À Libreville, un atelier stratégique consacré à la Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac) met en lumière un enjeu central : la capacité effective de la sous-région à planifier, projeter et conduire des opérations de maintien de la paix et de gestion de crise.
Réunis le 12 février dernier au Centre d’études et de renforcement des capacités, au Haut de Gué-Gué, experts militaires, responsables civils et représentants des États membres ont examiné des projets de textes destinés à renforcer l’architecture fonctionnelle de la force. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la persistance des foyers d’instabilité, la circulation des menaces transfrontalières et la nécessité croissante d’une réponse collective mieux coordonnée. C’est la raison pour laquelle les travaux ont été centrés sur la question du dispositif logistique régional, souvent considérée comme le talon d’Achille des opérations multinationales. L’amélioration des capacités de projection, de réactivité et d’interopérabilité apparaît comme une condition indispensable pour donner à la Fomac un rôle opérationnel à la hauteur des attentes politiques affichées par les chefs d’État.
Au-delà de l’approche technique, la rencontre a mis en relief une volonté de combler l’écart récurrent entre les décisions prises au niveau politique et leur mise en œuvre sur le terrain. Depuis sa création, la Fomac a en effet été confrontée à des contraintes structurelles (insuffisance des financements, lenteurs administratives, priorités nationales divergentes) qui ont limité son efficacité. Les conclusions de cet atelier devraient permettre de préciser les contours d’une force plus fonctionnelle et mieux adaptée aux réalités contemporaines. Dans une région où les réponses extérieures montrent leurs limites, la capacité des États à assumer davantage la gestion de leur propre sécurité apparaît désormais comme un impératif stratégique autant qu’un test de crédibilité politique.
Ongoung Zong Bella





