Les autorités locales ont décidé de rappeler, avec un sérieux qui n’exclut pas quelques sourires en coin, que le défilé de la Journée internationale de la femme n’est ni un podium de mode audacieuse ni une scène d’improvisation textile. Autrement dit, les robes trop « provocatrices » sont priées de rester au placard.

Réunies au Centre de Promotion de la Femme et de la Famille de la ville le 13 février dernier, responsables administratives et figures associatives ont martelé le message : célébrer oui, mais sans transformer la place des fêtes en festival de transparence. Les souvenirs de précédentes éditions, où certaines tenues semblaient défier la gravité autant que la pudeur, ont visiblement servi de leçon. Cette année, la consigne est claire : on défile avec élégance, pas avec suspense.
Dans les rangs des associations féminines, l’information circule déjà comme une rumeur savoureuse : le comité d’organisation veillera au grain. De quoi inciter chacune à vérifier que sa tenue tient davantage du pagne bien ajusté que du courant d’air artistique. L’objectif n’est pas de jouer les gendarmes du style, mais d’éviter que la célébration ne vire au spectacle involontaire.
Du côté du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille dans la région, on rappelle avec pédagogie que le 8 mars est d’abord un moment de réflexion sur les droits et les contributions des femmes. L’appel est lancé pour un défilé placé sous le signe de la dignité, preuve qu’on peut être festive sans donner du travail supplémentaire aux tailleurs… ni aux commentateurs.
À Ngaoundéré, le mot d’ordre semble donc trouvé : que la fête soit belle, que les couleurs brillent, mais que les coutures tiennent bon. Une manière élégante, et légèrement ironique de rappeler que la liberté de célébrer n’empêche pas un brin de retenue, surtout quand toute la ville a les yeux rivés sur le cortège.
Jean Réné Meva’a Amougou





