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Ma joie est incomplète

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Trois personnes qui ne se connaissent pas m’ont envoyé un document daté du 17 janvier 2026 et adressé à Mgr Ignace Bessi Dogbo, archevêque catholique d’Abidjan.

Le document de 15 pages a été pensé et rédigé par « un groupe de fidèles et d’intellectuels catholiques de l’archidiocèse d’Abidjan » (sic). Les auteurs expliquent dans les dernières lignes du texte que celui-ci est « un appel et non une condamnation ». Voici un extrait de ce document qui indiscutablement fera date.
« L’Église d’Abidjan mérite un pasteur qui l’aime véritablement d’un amour désintéressé, qui la serve avec abnégation et humilité, qui la conduise courageusement sur les chemins exigeants de l’Évangile plutôt que sur ceux, illusoires, de la prospérité matérielle et de la performance économique. »

Je suis d’accord avec tout le contenu du document parce que les observations qui y sont faites ne sont point imaginaires. Je suis content lorsque les fidèles laïcs, dont les papes Benoît XVI et François ont dit qu’ils sont coresponsables de l’être et de l’agir de l’Église, s’expriment librement sur la manière dont cette Église est gérée. La seule chose que je déplore, mon unique regret, c’est que ce formidable document ne porte aucune signature. En d’autres termes, j’eusse aimé que cette « remontrance respectueuse mais ferme  » soit signée par toutes les personnes impliquées dans sa conception et dans sa production. Car un intellectuel assume ses idées, il n’a pas peur de mettre son nom au bas d’un texte pensé et écrit par lui. Ne dépendant pas professionnellement ni financièrement de Mgr Bessi, que craignent les fidèles et intellectuels catholiques de l’archidiocèse d’Abidjan ? La prison ? L’empoisonnement ? Le bannissement ? L’excommunication ? Rien de tout cela. Cultivés qu’ils sont, ils doivent connaître cette parole de l’apôtre Paul: « Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être de nouveau dans la crainte mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption par lequel nous crions Abba (Romains 8, 15-17).

Pour finir, j’ose espérer que ceux et celles qui ont accouché de ce texte véridique et courageux ne tarderont pas à se dévoiler et que d’autres fidèles laïcs leur emboîteront le pas dans les autres diocèses catholiques de Côte d’Ivoire car il est temps que nous nous parlions, sans langue de bois et les yeux dans les yeux.

Jean-Claude Djéréké

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