Home ACTUALITÉ Balayeuses mécaniques à Yaoundé : Les poubelles et les populations évaluent

Balayeuses mécaniques à Yaoundé : Les poubelles et les populations évaluent

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Avec ce dispositif technologique, la ville montre qu’elle innove, modernise ses méthodes et offre un spectacle presque cinématographique dans ses grandes avenues.

À Yaoundé, l’éternel combat contre les déchets urbains prend un nouveau tournant : des balayeuses mécaniques viennent renforcer les équipes de nettoyage. Ces engins modernes, capables de couvrir plusieurs kilomètres en un temps record, sont désormais déployés dans les grandes artères de la ville, avec pour mission de rendre les rues plus propres et plus vivables. La mairie insiste sur le fait que ces machines ne remplacent pas le travail manuel des agents, mais le complètent, tout en offrant une efficacité qu’aucune pelle ou balai humain ne pourrait égaler. Bref, fini le temps où l’on slalomait entre immondices et flaques d’eau comme dans un parcours d’obstacles involontaire !

Pour de nombreux habitants, l’arrivée des balayeuses est un soulagement et une curiosité bienvenue. Mme Aissatou Mbarga, commerçante à Bastos, raconte : « Ces machines sont impressionnantes ! Avant, je devais faire attention à chaque pas pour ne pas glisser sur les déchets. Maintenant, je traverse la rue sans craindre de finir dans un seau de boue. » De son côté, M. Jean-Paul Ekani, étudiant, applaudit l’initiative : « On voit que ça avance vite. C’est rassurant de voir que la ville investit dans le nettoyage moderne. » Ces avis positifs montrent que, pour une partie de la population, ces balayeuses sont plus qu’un outil : elles sont le signe visible que la ville se modernise et que le civisme peut être encouragé par la technologie.
Mais tout n’est pas parfait. D’autres habitants rappellent que les machines ne peuvent pas tout faire. Mme Rosine Tchoumbou, riveraine, tempère : « Les balayeuses sont bien, mais elles ne passent pas dans toutes les ruelles étroites et derrière les marchés, où les déchets s’accumulent encore. Et certains habitants continuent de jeter leurs ordures n’importe où… » Un jeune habitant, sous couvert d’anonymat, ajoute : « C’est utile, mais si nous, citoyens, ne changeons pas nos habitudes, les machines ne suffiront jamais. » Ces critiques montrent que le succès de l’initiative dépend autant des citoyens que des balayeuses. En d’autres termes : on peut mettre les machines les plus modernes au monde dans les rues, si les Yaoundéens continuent à transformer les trottoirs en décharges improvisées, la bataille est loin d’être gagnée.

Pour les autorités municipales, ces balayeuses s’inscrivent dans un plan global de modernisation de la gestion des déchets, qui combine innovation technique et sensibilisation citoyenne. L’objectif est double : nettoyer efficacement les grandes artères et prévenir les risques sanitaires liés à l’accumulation des déchets et à l’eau stagnante. Il s’agit aussi de montrer que la modernisation du nettoyage urbain ne se limite pas à des gadgets impressionnants, mais qu’elle exige un engagement collectif. Les balayeuses deviennent alors à la fois symbole de progrès et outil pédagogique, rappelant à chacun que la propreté est un effort partagé, où le civisme compte autant que la puissance d’aspiration d’un moteur.

Sur le terrain, le spectacle est parfois drôle : les balayeuses passent, créent un remous de poussière et laissent derrière elles des citoyens qui lèvent le nez, surpris par la vitesse et le bruit des engins. Certains commerçants en profitent pour plaisanter : « Attention à ne pas vous faire aspirer vos sandales ! » Le mélange de réalisme et d’efficacité traduit bien la réalité d’une ville en pleine transition, où technologie et comportement citoyen doivent se conjuguer pour obtenir des résultats durables.

« La lutte contre l’insalubrité à Yaoundé illustre une vérité simple : les machines sont utiles, mais les citoyens restent indispensables », tranche Sylvie Mboua, environnentaliste. Mais le message est clair : pour que Yaoundé brille vraiment, il faudra plus que des balayeuses ; il faudra que chaque habitant devienne un acteur de la propreté. Entre rire, poussière et aspiration mécanique, la ville semble avoir trouvé une manière pragmatique et un peu amusante de rappeler que la propreté est l’affaire de tous.

Jean -René Meva’a Amougou

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