« Heureux ceux qui pleurent » (Matthieu 5, 4). En lisant cette béatitude, on pourrait penser que Jésus se réjouit de tous ceux que le chagrin, la souffrance et la misère font pleurer.

Il n’en est rien pour la simple raison que le même Jésus a eu à guérir des maladies de toutes sortes, à consoler des gens qui étaient dans la peine (la veuve de Naïm, Marthe et Marie de Béthanie), à encourager les rejetés et exclus de son temps, à nourrir les foules affamées qui le suivaient, ce qui veut dire que tout ce qui blesse, humilie, écrase ou détruit l’homme doit être combattu par les chrétiens.
Qui sont-ils alors, ces gens qui pleurent et que Jésus proclame bienheureux? Ce sont les hommes et femmes qui compatissent à la détresse et à l’inconfort des autres; ce sont ceux qui sont dérangés et malheureux de voir leurs semblables aux prises avec les difficultés; ce sont ceux qui trouvent inacceptables l’injustice, l’oppression et l’exploitation de l’homme par l’homme.
Mais il s’agit aussi de celles et ceux qui pleurent sur leurs propres péchés, qui réalisent enfin que le chemin emprunté jusqu’ici n’était pas le bon, de ceux qui croyaient trouver le bonheur dans l’avoir, le pouvoir ou le savoir mais qui, à 50, 60 ou 70 ans, découvrent que tout est vanité ici-bas et que la seule chose à chercher, c’est d’habiter la maison du Seigneur, de demeurer dans sa présence (Psaume 27, 4).
Ces personnes qui pleurent, on peut dire que leurs larmes sont des larmes de prise de conscience et de repentance.
Jean-Claude Djéréké





