Le gouvernement met le turbo pour sécuriser l’état‑civil. PME loales et multinationales se tirent déjà la bourre pour décrocher un marché de plusieurs milliards FCFA.

Sous l’impulsion de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC), un forum consacré à la thématique « sécuriser l’état civil : un impératif numérique pour une gouvernance inclusive » a été organisé du 21 au 23 janvier dernier à Yaoundé. Selon des sources bien informées, ledit forum précède le lancement d’un marché de plusieurs milliards FCFA relatif au système d’exploitation et de sécurisation des données d’état‑civil au Cameroun.
Update
L’affaire aiguisé déjà de gros appétits. À en croire des informations relayées par des prestataires locaux, plusieurs multinationales exerceraient déjà des pressions pour être choisies pour l’exécution de ce projet stratégique, via lobbying, propositions de solutions clés en main et démonstrations de technologies dernier cri. Face à cette concurrence internationale, les entreprises nationales se mobilisent et avancent leurs arguments pour sécuriser leur place, en insistant sur leur connaissance fine du terrain, leur flexibilité et leur capacité à assurer la maintenance continue des systèmes sur le long terme, garantissant un fonctionnement durable et adapté aux besoins réels des administrations locales.
Certaines sociétés locales créent des alliances stratégiques, combinant savoir‑faire et portefeuilles clients, afin de se présenter comme des consortiums capables de rivaliser avec les géants étrangers. D’autres misent sur leur agilité et leur connaissance du terrain, offrant des solutions adaptées aux réalités administratives camerounaises plus rapidement que les multinationales. Selon Jean‑Claude Mbarga, patron d’une société spécialisée dans les systèmes sécurisés : « Nous avons l’avantage de la proximité et de la flexibilité. Les grands groupes arrivent avec des solutions toutes faites, mais nous, nous savons où ça coince et comment réagir vite ». Les entreprises locales mettent également l’accent sur des solutions modulables et évolutives, capables de s’adapter aux besoins futurs et aux extensions du système d’état civil, ce qui constitue un argument supplémentaire face aux offres standardisées des multinationales et un gage de fiabilité sur le long terme.
Des start‑ups comme celle de Chantal Nkwenti mettent en avant la protection des données et la blockchain locale, rappelant que la souveraineté numérique impose que les informations restent sous contrôle national. « Il ne s’agit pas simplement de livrer du matériel ou des logiciels, mais de garantir la sécurité et la confidentialité des citoyens », souligne‑t‑elle. D’autres prestataires locaux proposent des services de maintenance et de formation continue, convaincus que la durabilité et la fiabilité du système dépendront de l’expertise locale sur le long terme. Ces solutions permettent également de créer un écosystème de compétences locales, capable de former de jeunes ingénieurs et techniciens, assurant ainsi une autonomie numérique durable pour le Cameroun et renforçant la confiance de l’administration et des usagers.
Une autre tactique consiste à valoriser la connaissance fine des procédures administratives. « Les multinationales ne comprennent pas toujours les subtilités de nos processus », explique Patrick Tchoumba, éditeur de logiciels camerounais. « Nous, nous savons où se trouvent les goulots d’étranglement et comment simplifier le système. C’est là notre avantage compétitif. » Cette approche locale s’accompagne souvent de démonstrations sur le terrain et de prototypes adaptés aux contraintes réelles des administrations, ce qui permet de convaincre les décideurs de la pertinence des solutions locales, tout en réduisant les risques d’échec ou de coûts supplémentaires liés à l’inadaptation des solutions étrangères.






