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Mutations sociales et déstructuration des familles : les défis atemporels du Mbog Liiaa

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Festival mbog Liiaa Pouma 2024

La problématique envisagée questionne l’effet de l’immigration et de l’occupation des terres sur l’identité du peuple Bassa à l’échelle de 50 ans

Festival mbog Liiaa Pouma 2024

Le socle social et culturel du peuple Bassa s’effrite. Ce phénomène est porté dans un contexte immédiat par l’exode rural massif (lui-même adossé par un niveau élevé d’enclavement) ; et aggravé dans une échelle de temps plus long par l’immigration des jeunes. Le tableau pour en référer aux conséquences actuelles est révélateur : «Beaucoup de chefs en Afrique et beaucoup de Ba Mbombok ne mesurent pas l’impact de l’évolution des temps. Il y a aujourd’hui beaucoup de Ba Mbombok qui ont du mal à maitriser le Bassa ; il y en a qui ne vivent pas au Cameroun ; il y a des Ba Mbombok qui préfèrent qu’on mette «Dr Mbombok» devant son nom, ce qui est antinomique. Mbombok c’est un superlatif, tout ce qu’on peut ajouter c’est pour rabaisser. Les temps changent, nous ne sommes plus où c’était l’homogénéité parfaite, tout le monde avait la même langue, tout le monde avait le même dieu, le même territoire. Dans le moindre village aujourd’hui, tu vas entendre des langues différentes, la célébration des dieux différents, la pluralité des opinions politiques. Il y a des gens qui viennent des horizons différents et qui peuplent nos villages, donc la gouvernance d’aujourd’hui qui doit être mise en phase avec l’évolution du temps, des époques et des hommes est un chantier extraordinaire pour nous», indique Mbombok Malet Ma Njami Mal Njam.

Les réflexions sur les mutations sociales ont cours au sein du Mbog Liiaa, principale plateforme du développement et de la pérennisation de l’identité culturelle du peuple Bassa. Elles prennent la forme de causes atemporelles, celles qui nécessitent qui nécessitent des réponses aujourd’hui pour des actions structurées sur le temps, avec un enjeu hautement spirituel pour la communauté. «Si nous ne préparons pas les 50 ans qui vont venir, nous allons droit au mur et le travail et le travail d’aujourd’hui ce n’est pas forcément pour résoudre ce qui se passe aujourd’hui et qui nous échappe mais pour prévenir en sachant qu’attention dans 50 ans est-ce que nous aurons encore des terres ? Quel type d’organisation spatiale nous envisageons dans nos villages ? Dans 50 ans avec la déforestation qu’est-ce qu’il restera des bois sacrés, des forêts sacrées ? Dans 50 ans comment va-t-on gérer les tombes», s’interroge le gardien du savoir ancestral.

La problématique a toute son importance. D’autant plus que les mutations sociales, aggravées en partie par le phénomène d’immigration, emportent pour effet la déstructuration des familles. Touchant alors le véritable socle social du peuple Bassa. «Le plus gros problème c’est l’éclatement des familles. Comme aujourd’hui c’est la messe à l’euro, au dollar, à être blanc, à être chez les blancs, les familles se battent en croyant arriver au bonheur suprême mais arrivent à la destruction totale ; parce qu’un enfant est aux USA, l’autre en Allemagne, etc, et les parents ne sont nulle part. les enfants ne se rencontrent pas les petits-enfants ne se connaissent pas. Le lien entre eux et avec la terre ancestrale n’existe pas. On est en train de fabriquer quelque chose d’étrange qui est parmi les lieux les plus problématiques. Auparavant, pour qu’un Camerounais soit enterré en France, c’était quelque chose d’extraordinaire. Tout le monde se mobilisait pour que son corps rentre et qu’on l’enterre.

Mbog Liiaa au concert de l’intégration nationale

Au-delà de l’aspect culturel, cette association sert, depuis 30 ans, de passerelle entre les peuples Bassa et les autres groupes ethniques du pays. Les Bassa du Cameroun font le choix de la paix. Dans un contexte social marqué au Cameroun par l’exacerbation des clivages ethniques, sur fond de tensions politiques, leur appel à la paix lancé au village SõngBayang,(dans l’arrondissement de Biyouha, commune d’Eseka, département du Nyong-Ekelle) le 24 juillet 2025 fait écho aux relations fraternelles qu’entretient ce peuple avec les autres communautés sur le territoire national et au-delà. Dans le genre, les opérations de rapprochement que mène l’association Mbog Liiaa depuis sa création en 1996 est facilitée par une proximité géographique et culturelle avec de nombreuses autres communautés. «Mbog Liiaa est au cœur du triangle national. Comme Parce que nous sommes le peuple tampon avec l’Ouest, le grand Sud et l’Est et que nous venons tous du Grand Nord, nous avons dans nos gênes la propension à la cohabitation ; nos frontières avec le grand Sud font que nous avons des référents culturels. De même qu’avec la grande côte, de Campo jusqu’à Bakassi, nous sommes des éléments majeurs du grand Sawa que nous devons faire évoluer, et même dépasser l’appellation Sawa qui a été détourné car on devait initialement parler de Basawa (Bassa-Sawa) comme il est mention de Fang-Beti. Cela donnerait plus de vitalité identitaire».

Mbog Liiaa tisse sa toile d’amitié de l’Ouest à l’Est, du Nord au Sud du Cameroun. Les résultats pour en parler mentionnent le réchauffement des liens avec le peuple Bamoun dont la mise en vitrine s’est opérée à Douala par la participation du Sultan roi des Bamoun, Sa Majesté Ibrahim Mbombo Njoya, au festival Mbog Liiaa de 2016. Plus tard, le Lamido et chef de premier degré de Mokolo, ainsi que de nombreux chefs des communautés Bamiléké et Mbamoises se soumettront volontiers au même exercice de civilité à la même civilité à l’occasion du festival Bimba de Pouma (2024), entre autres faits.
Mbog Liiaa n’est pas à la fin de ses opérations d’intégration. En la matière, la dissémination des Bassa dans plusieurs pays d’Afrique – notamment le Congo, le Sénégal, le Libéria, le Togo, entre autres – augure des chantiers nouveaux. «Cela suppose que dans chaque pays, la structuration qui a commencé chez nous soit effective et qu’il y’ait une représentativité reconnue dans les entités de chaque pays. Et qu’à ce niveau-là nous nous accordions pour une action d’envergure. Mais oui, les liens de solidarité se cultivent, on se connait déjà», renseigne Mbombok Malet Ma Njami.

Une intégration mise à mal
L’évolution du peuple Bassa dans le concert des groupes ethniques du Cameroun s’inscrit cependant dans une réalité où précarité et marginalisation s’écrivent en lettres d’or. DVivre-ensembleMbog Liiaa au concert de l’intégration nationaleAu-delà de l’aspect culturel, cette association sert, depuis 30 ans, de passerelle entre les peuples Bassa et les autres groupes ethniques du pays. Les Bassa du Cameroun font le choix de la paix. Dans un contexte social marqué au Cameroun par l’exacerbation des clivages ethniques, sur fond de tensions politiques, leur appel à la paix lancé au village SongBayang, (dans l’arrondissement de Biyouha, commune d’Eseka, département du Nyong-Ekelle) le 24 juillet 2025 fait écho aux relations fraternelles qu’entretient ce peuple avec les autres communautés sur le territoire national et au-delà. Dans le genre, les opérations de rapprochement que mène l’association Mbog Liiaa depuis sa création en 1996 est facilitée par une proximité géographique et culturelle avec de nombreuses autres communautés. «Mbog Liiaa est au cœur du triangle national. Comme Parce que nous sommes le peuple tampon avec l’Ouest, le grand Sud et l’Est et que nous venons tous du Grand Nord, nous avons dans nos gênes la propension à la cohabitation ; nos frontières avec le grand Sud font que nous avons des référents culturels.

De même qu’avec la grande côte, de Campo jusqu’à Bakassi, nous sommes des éléments majeurs du grand Sawa que nous devons faire évoluer, et même dépasser l’appellation Sawa qui a été détourné car on devait initialement parler de Basawa (Bassa-Sawa) comme il est mention de Fang-Beti. Cela donnerait plus de vitalité identitaire» Mbog Liiaa tisse sa toile d’amitié de l’Ouest à l’Est, du Nord au Sud du Cameroun. Les résultats pour en parler mentionnent le réchauffement des liens avec le peuple Bamoun dont la mise en vitrine s’est opérée à Douala par la participation du Sultan roi des Bamoun, Sa Majesté Ibrahim Mbombo Njoya, au festival Mbog Liiaa de 2016. Plus tard, le Lamido et chef de premier degré de Mokolo, ainsi que de nombreux chefs des communautés Bamiléké et Mbamoisese soumettront au même exercice de civilité à la même civilité à l’occasion du festival Bimba de Pouma (2024), entre autres faits. Mbog Liiaa n’en n’estn’est pas à la fin de ses opérations d’intégration. En la matière, la dissémination des Bassa dans plusieurs pays d’Afrique – notamment le Congo, le Sénégal, le Libéria, le Togo, entre autres – augure des chantiers nouveaux. «Cela suppose que dans chaque pays, la structuration qui a commencé chez nous soit effective et qu’il y ’ait une représentativité reconnue dans les entités de chaque pays. Et qu’à ce niveau-là nous nous accordions pour une action d’envergure. Mais oui, les liens de solidarité se cultivent, on se connait déjà», renseigne Mbombok Malet Ma Njami. Une intégration mise à malL’évolution du peuple Bassa dans le concert des groupes ethniques du Cameroun s’inscrit cependant dans une réalité où précarité et marginalisation s’écrivent en lettres d’or.

Louise Nsana

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