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1996- 2026 : Il y a 30 ans naissait l’association culturelle Mbog Liiaa

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Bureau exécutif du mbog liiaa

Cette plateforme d’expression commune des Bassa ambitionne depuis sa création de rassembler les fils et filles de ce peuple.

Bureau exécutif du mbog liiaa

30 ans après sa création à Eseka en 1996, le Mbog Liiaa tient la promesse d’un rassemblement du peuple Bassa, dans ses composantes Mbene-Mpoo-Bati. Ceci conformément au feu sacré dont furent habités les pères fondateurs de cette association culturelle après la dispersion et la division des Bassa du fait de la résistance au colonisateur. «Les Bassa-Bati-Mpoo savent qu’ils constituent un peuple. Les éléments objectifs qui l’attestent sont le fait qu’ils ont un territoire, une parenté, une continuité culturelle etle même référent spirituel. Les circonstances et l’évolution de l’histoire ont fragilisé cette unité. La balkanisation héritée de l’administration territoriale a provoqué l’éclatement de cette unité et les Bassa-Bati-Mpoo se retrouvent parfois minoritaires dans des unités administratives et jamais en situation de force », soutient Mbombog Malet Ma Njami, président du Mbog Liiaa. Il ajoute que « cette blessure historique et traumatisante que le peuple de la grotte porte en lui a toujours constitué pour lui un grand souci » et se demande ; . « Comment sortir de cet éclatement, de cette séparation, de cette différenciation pour reconstituer la grande nation»

A la genèse de l’initiative

Cette velléité de réunification est portée par plusieurs mouvements associatifs dont l’Association pour la Sanaga maritime (Asma), avec le concours de chercheurs et des élites. Cependant la promotion en 1994 de Monseigneur Jean Bosco Ntep au rang d’Evêque du diocèse d’Eseka marque la cause directe d’un engouement plus global porteur de la création de Mbog Liiaa dont le siège social est fixé à Pouma. «Jean Bosco Ntep a beau être évêque, il est d’abord Bassa, Ndogbea du terroir de Mbodjock. Donc les Ndogbea sont en joie, ils veulent célébrer ce décret. A l’époque, le président des Ndogbea qui s’appellait Sylvestre Mang, a a approché les élites de cette région, dont feu Me Etienne Gérard Kak Kak, pour organiser la célébration de cette promotion . Ce dernier lui avait de faire attention, car ce n’était pas seulementune affaire des Ndogbea, mais aussi celle des Ndog Soul, l’évêque relevant du diocèse d’Eseka, Aussi les Badjo et les Ndok ngond, dont le ministre Leonard Claude Mpouma ont-ils été approchés,. « Les Babimbi vont soutenir qu’il ne s’agit pas du Nyong-Ekelle seulement mais de toutes les composantes dont les Basso’o, les Bati, les Bikok. Aussi toutes les élites Bassa vont-elles être impliquées, avec comme résultante la signature de « l’appel d’Eseka ». pour la création d’une unité administrative Bassa sous-tendant la réunification des deux départements pour revenir au moins au repère premier qui était la Grande Sanaga maritime», révèle Mbombok Malet Ma Njami.

Mbog Liiaa-Adna-Matemb

La mission principale assignée au Mbog Liiaa est la réunion et l’union des familles Bassa-Bati-Mpoo. Cette association nait dans un contexte particulier marqué par la vitalité de l’Union des populations du Cameroun (UPC) sur la scène politique en pays Bassa. Ce parti politique – figure de proue de la résistance à la colonisation française – concentre l’ensemble des 18 députés élus au détriment du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Cette situation, et bien d’autres, contribue à dégrader davantage les liens entre le peuple Bassa et le pouvoir de Yaoundé. «Notre peuple manque de routes, de ponts, d’infrastructures premières. Nous avons la région où les arrondissements ont du mal à être reliés à la préfecture. A la différence des autres, la liaison n’est pas faite par le goudron. Nous ne pouvons pas nous développer si nous sommes confinés, oubliés. Ce problème est vraiment un problème majeur», déplore le guide spirituel. », dénonce un patriarche.

Festival Mbog Liiaa

C’est dans ce contexte qu’est lancé en 1999 le festival itinérant Mbog Liaa qui est la vitrine de la culture du peuple Bassa. Il constitue en soi l’une des grandes réalisations de l’association Mbog Liiaa. Son déploiement dans l’espace temporel remonte à juin 1999 avec la première édition du festival Mbog Liiaa tenue à Pouma. Elle est suivie des éditions 2001 à Makak ; 2006 à Edea et2010 à Songbengue. En 2012, le président Mpouna cède la présidence à Gérôme Minlend qui poursuit la campagne jusqu’à sa mort en 2022. En 2016 se tient une autre édition à Douala, sous la houlette du nouveau président. En 2023, les rênes sont confiés à Mbombok Malet ma Njami , qui en 2024 il organise le festival Mbimba à Pouma. «Mbog Liiaa décide que sera créé le festival et en donne la charge à 3 personnes : Joseph Mbonji, président du comité d’organisation du Mbog Liiaa ; Nyobe Jean Jacob qui était à l’époque Délégué régional du ministère de la culture pour la région du Littoral et moi le benjamin Malet Ma Njami que tout le monde voulait voir s’installer au Cameroun et dont tout le monde espérait l’ingénierie pour aider à cela. Le festival Mbog Liiaa a été un festival fondateur parce qu’avant lui, les choses se faisaient en un jour maximum trois jours. Le festival Mbog Liiaa se tient dans une programmation de 9 jours. C’était la première fois dans toute cette grand-messe au Cameroun où on avait un colloque avec un comité scientifique constitué pour discuter des grandes questions civilisationnelles. A côté il y avait bien évidemment l’exaltation du savoir-faire Bassa dans tous les domaines,. Ce qui a permis que les autres festivals, dont le Nguon qui est le plus important, ainsi que le Ngondo qui se tenait en un jour, sans oublier le Mbam’Art, s’étoffent. Donc, il y a eu cette modélisation qui a apporté une dynamique nouvelle», raconte le gardien de la tradition.

Réalisations

De nombreuses autres réalisations sont à mettre à l’actif de l’association culturelle du peuple Bassa. «Nous avons tout d’abord un résultat immatériel, celui d’avoir réveillé la foi que c’est possible. Malgré toutes les adversités et tous les problèmes, d’avoir réveillé la flamme du possible. C’est un résultat immatériel mais un résultat tellement fort. Deuxième résultat, c’est concrètement le travail de fédération, d’union. Mbog Liiaa a aidé pratiquement toutes les familles Bassa à se structurer car adhérer à Mbog Liiaa ne signifie pas simplement être une famille mais une famille dirigée avoir des personnes qui ont qualité à engager la famille. Et même les associations de notre peuple sont aujourd’hui structurées et légalisées». A cela s’ajoute un travail pour la valorisation de la culture à travers le travail sur la langue, l’histoire et les civilisations et les érudits Bassa apportent de la matière. Le Mbog Liiaa a également à son actif un travail pour l’encadrement des associations relativement à l’amélioration de la condition des Bassa ; ainsi que des actions en faveur de la protection du patrimoine foncier du peuple Bassa.

Louise Nsana

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