
Une première célébration où fraternité, culture et racines s’entrelacent

Ce dimanche 12 janvier 2026, l’association Elat Meyong Beti Benanga pose ses valises au restaurant La Fourchette de Cana, à Yaoundé, et ouvre une fenêtre sur l’âme Beti. La fraternité s’invite comme le vent dans les feuilles d’un baobab, secoue doucement les cœurs et réveille la mémoire des ancêtres. Cette rencontre ne se limite pas à un simple rassemblement : elle plante les graines d’une cohésion nouvelle au sein de la grande famille Ékang.
Dès l’ouverture, Michel Sala Bekono Messanga, président de séance, tire la sonnette d’alarme : « Nos racines se dessèchent si nous ne tendons pas nos mains les uns vers les autres. » Ses mots, francs et tremblants d’émotion, rappellent que la communauté Beti Benanga risque de s’éteindre comme une rivière qui oublie de chanter. « Rassemblons-nous, comme nos ancêtres, pour redonner à notre peuple sa force d’autrefois », lance-t-il, appel vibrant à l’unité.
Un chef d’un village Ékang, Lucien Alexis 1er, porte-parole des Mbida Ambani de Djengprend la parole avec la gravité des sages qui savent que l’unité est une branche solide, capable de porter mille mains. « Une seule main ne monte pas sur l’arbre », rappelle-t-il, et propose que toutes les réunions Ékang se fondent en une seule grande danse, où chaque tribu apporte sa note mais compose une seule mélodie. Il montre au peuple que l’union fait la force, claire comme le ciel de janvier.
La coordinatrice, Mme Assiga, surnommée « Déesse », décline le thème de la journée : « Union, solidarité et entente entre tous les frères de la communauté Beti ». Elle invite à restaurer les liens, ranimer la confiance et faire vibrer le sentiment d’appartenance comme un tambour qui résonne au cœur du village.
La culture et l’art prennent ensuite leur envol. L’artiste Lisette Onambélé fait danser la salle, son morceau adressé à Mama Marie prie pour la bénédiction et l’accompagnement de la jeunesse. Mvog Essissima, fille Ékang de Nkolmetet et Bulu de Sangmélima, rappelle l’urgence de ressusciter les valeurs culturelles perdues. Sa musique folklorique, souffle venu des racines, montre aux présents que le passé n’est pas mort : il se transmet, il se danse, il se chante.
La mobilisation impressionne : la salle vibre comme un cœur collectif battant à l’unisson. Cette affluence témoigne de l’intérêt croissant pour la dynamique de rassemblement et de cohésion. Avec Elat Meyong Beti Benanga, les initiateurs plantent un arbre dont l’ombre et les fruits nourrissent toute la communauté : unité, solidarité et culture deviennent les racines d’un avenir partagé, d’un peuple qui se relève ensemble.
Et comme le murmure un ancien proverbe : « Qui s’assemble se ressemble. » Ce dimanche à Yaoundé, les Ékang s’assemblent. Dans leurs rires, leurs chants et leurs danses, on lit la promesse d’un peuple qui s’élève, fier et uni, tel un arbre dont les branches caressent le ciel et dont les feuilles murmurent l’écho des ancêtres.
Marie Noëlle Etoungou





