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Fêtes de fin d’année : les grossistes trinquent à la santé des consommateurs

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Une buvette au quartier Awae - Escalier à Yaoundé

Ils imposent certaines boissons aux détaillants, après avoir fait des deals avec des importateurs ou des marketers de produits peu consommés.

Une buvette au quartier Awae – Escalier à Yaoundé

Danielle, tenancière d’une buvette au quartier carrière, derrière l’Institut Africain d’informatique (IAI) dans la périphérie de Yaoundé, est bousculée dans son mode d’achats de boissons. Elle attend ce jeudi 10 décembre 2025 d’être livrée en boissons pour son commerce. Et contre toute attente, son fournisseur lui annonce de nouvelles conditions de livraison des bières. À bord de son tricycle, Cédric, préposé à la fourniture du stock attendu, prend la parole : « la Kadji se vend avec les Madiba et Youzou ». Danielle réagit promptement aux nouvelles conditions de livraison du semi-grossiste. « Comment ça ! J’ai passé la commande et elle a été validée par le caissier. Tu viens et tu imposes des goûts aux gens. Quelles sont ces mauvaises manières ? », s’indigne la vendeuse. Après quelques secondes de réflexion, Danielle met en place un stratagème. Elle accepte la livraison aux conditions indiquées.

Les casiers de boissons sont déposés immédiatement dans le l’enseigne commerciale. Puis elle procède au payement mobile. « J’ai déjà payé ma facture directement à la caisse. Je ne prends pas ton eau et tes jus », indique la dame. Irrité, Cédric téléphone à sa base. Il exige le renvoi de l’argent à la tenancière de la buvette. « Elle ne veut pas prendre les autres produits », renseigne-t-il. Mais la caissière confirme la validation de l’achat, impossible de faire marche – arrière. « Il faut laisser, la prochaine fois elle prendra les jus », répond la caissière. Pour autant, le conducteur – livreur ne garde pas son sang -froid. Il promet à Danielle de ne plus lui livrer les boissons. D’un ton moqueur, elle répond avec dédain : « tu me livrera par force. Et puis même, vous n’êtes pas le seul dépôt ». Depuis trois samedis, en allant au football, une marque d’eau peu cotée est imposée sournoisement par une station – service Total au staff d’une équipe de 2-0 vers le quartier Nkomo à Yaoundé. Un procédé qui ne manque pas de questionner sur la neutralité des vendeurs de cette station -service.

Rareté de certaines marques
Le phénomène de la rareté de certaines marques touche précisément des entreprises brassicoles locales. Dans les débits de boissons sur les parcours Mfou – Awae-escalier, il est difficile de trouver la Castel et la Doppel. Atango, propriétaire d’un dépôt-bar, s’emporte lorsqu’on demande ces produits. Paulin Mbarga, également gestionnaire d’un dépôt de boissons dans la périphérie de Yaoundé, prédit : « si rien n’est fait, il y aura une imposition de vente des produits importés aux consommateurs par les semi-grossistes et grossistes de la capitale. « Les dépôts font des deals avec les importateurs au détriment des petits vendeurs ». Il appelle les sociétés brassicoles du terroir à communiquer. « Les Boissons du Cameroun et l’Union des camerounaise des Brasseries (UBC) doivent communiquer. Il faut parlent aux populations, afin que les gros distributeurs ne disent pas qu’il manque tel ou tel produit. Cette communication permettra paralyser la spéculation provoquée volontairement par les importateurs de boissons et les grossistes. Je sais de quoi je parle », lance Paulin Mbarga.

André Gromyko Balla

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