Cela se matérialise par l’introduction, cette année, du Programme de licence professionnelle en exploitation des services de navigation aérienne et des aérodromes à l’EFO-CCAA.

Vendredi, 13 décembre 2025 était jour de rentrée solennelle à l’Ecole de formation de l’Autorité aéronautique civile du Cameroun (EFO-CCAA). A quelques encablures de Yaoundé, vingt nouveaux bacheliers ressortissants de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), dont le Cameroun (9), de la Guinée Equatoriale (2), du Tchad (2), de la République centrafricaine (2) du Gabon (2) et du Congo (2) font leurs premiers pas au sein de ladite Ecole, en vue d’une Licence professionnelle en exploitation des services de navigation aérienne et aérodrome (Esnaa). Une première au sein de l’institution de formation devenue en 2019 membre associé au Programme «Trainair Plus» de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Aux côtés de ces jeunes, se tient une vingtaine d’autres apprenants également recrutés à l’issue d’un processus sélectif à l’échelle sous-régional, en vue du Programme de Mastère spécialisé en maintenance et recyclage des aéronefs (Camra). Ils en constituent la 3e promotion.
Nombre d’entre eux bénéficient pour le cursus académique, d’un accompagnement financier de l’Agence de supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale (ASSA-AC). Ce qui inclut le paiement des frais de transport, les frais académiques et une indemnité de subsistance. «Cet effort vise à consacrer, au sein de notre communauté, sa capacité à se doter en interne de ressources humaines de qualité et dans des quantités en lien avec les besoins de nos aviations civiles, tant en exploitation qu’en supervision, à travers une école de notre sous-région. Vous êtes les premiers bénéficiaires de cet effort conjoint qui va dans la ligne droite de la vision de nos chefs d’Etats. Votre réussite à ce challenge sera non seulement un accomplissement personnel, pour vous-même, mais aussi une avancée pour l’ensemble de la sous-région», indique le directeur de l’ASSA-AC, Eugène Apombi.
Débouchés certains
Avec la mise au point de ces curricula de formation, les Etats de la Cemac peaufinent une vision qui a pour point de chute l’horizon 2044. Celle de développer des compétences en vue de se saisir des débouchés à venir dans le secteur aéronautique mondial. A en croire le constructeur aéronautique américain (Boeing), les besoins en nouveau personnel dans l’aviation commerciale pour l’horizon 2044 se chiffrent à 2,4 millions. Ils s’expriment à hauteur de 660 000 nouveaux pilotes, 710 000 techniciens de maintenance et environ un million d’hôtesses et stewards, selon l’étude «Perspectives pour pilotes et techniciens 2025» réalisée par Boeing. Pour l’Afrique, les perspectives donnent à voir un besoin de 23 000 pilotes, 24 000 techniciens et 27 000 techniciens de cabine sur la période susvisée.
Bien plus encore : «Cette dynamique de renforcement des capacités humaines intervient dans un contexte particulièrement encourageant pour le transport aérien en Afrique centrale marqué par la reprise progressive et le redéploiement des activités de nos compagnies aériennes sous régionales. Nous nous félicitons à cet égard du retour sur la scène du transport aérien sous régional de la compagnie congolaise ECAir, la Tchadienne Royal Airways et Ceiba Intercontinental de la Guinée Equatoriale, rejoignant ainsi Fly Air Gabon et Camair-Co, qui poursuivent résolument leur chemin vers la croissance et la consolidation de leurs opérations», souligne la directrice générale de l’Autorité aéronautique civile du Cameroun, Paule Assoumou Avomo.
Intégration Renforcée
Cette dernière met ainsi le doigt sur les efforts gouvernementaux entrepris pour la relance du transport aérien dans la zone Cemac. Notamment dans un contexte marqué par le renforcement de la libre-circulation entre les Etats-membres, ainsi que l’ouverture créée à l’échelle continentale par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Toutes choses qui ont conduit à l’adoption en 2024 d’une règlementation aéronautique commune alignée sur les normes et pratiques recommandées internationales. «Nous sommes pleinement conscients de la volonté clairement affirmée de nos chefs d’Etats de réhabiliter, moderniser et rendre pleinement opérationnels nos aéroports secondaires, afin qu’ils jouent leur rôle dans l’aménagement économique, social et territorial de nos pays. Ces plateformes sont appelées à devenir des pôles de développement local et d’intégration nationale et régionale. La monté en compétence des ressources humaines, notamment à travers la ESNAA, constitue donc une condition indispensable pour accompagner efficacement cette ambition politique, garantir l’exploitation sure de ces infrastructures et assurer leur contribution durable au développement de nos territoires», martèle Paule Assoumou Avomo.
Depuis sa création en 2016, l’EFO-CCAA a délivré près de 10 000 certificats à des apprenants venant des pays de la Cemac. Au courant de l’année écoulée, quelques 1500 participants issus de plusieurs nationalités et institutions africaines ont pris part à près de 100 sessions de formation dans le domaine de la sécurité, de la sureté et de l’anglais aéronautique. Dans le même temps une deuxième cohorte de 8 ingénieurs ont été mis insérés en industrie après des formations théoriques et pratiques, ainsi que des stages en entreprise.
Louise Nsana
Ils ont dit
Abraham Felipe, étudiant de la Guinée Equatoriale
«Cette formation est importante pour réaliser mes ambitions»
Cette formation est importante pour moi. Elle est importante pour m’aider à réaliser mes ambitions et aussi pour aider les autres et surtout nos Etats à avoir le meilleur service aérien. J’avais un frère qui travaillais dans ce domaine. C’est lui qui m’a fait voir des aspects intéressants du domaine de l’aéronautique. Il savait que j’ai toujours été intéressé par la protection de la vie humaine, il m’a parlé de la sécurité aéronautique et du lien avec la protection de la vie. Ça m’a intéressé et je me suis dit si j’ai l’opportunité de me présenter et d’être retenu, je m’engage. Avant mon intégration dans cette école, j’avais déjà une Licence en exploitation des données.
Didier Reboasdoro, étudiant Centrafricain
«Je suis là pour représenter fièrement la République centrafricaine»
Je suis venu au Cameroun pour suivre ma formation la formation en Camra. Notre pays a vraiment besoin des ingénieurs dans le domaine de la maintenance et le reyclage des aéronefs étant donné que nous aspirons au développement. Ce qui est aussi le cas pour notre sous-région. Je suis là pour relever le défi dans ce domaine. Et ce sera premièrement avec ce Mastère qui va durer un an. Je crois que je pourrais lier ma formation académique initiale à celle-ci; car moi je suis déjà ingénieur en télécommunication. Donc je suis là pour représenter fièrement la République Centrafricaine afin que nous nous réunissions entre nous dans la sous-région à travers l’aviation et aussi que nous nous connections au reste du monde.






