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NGOH NGOH MAINTIENT NGOH NGOH

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À lire certaines Unes ce matin, une question s’impose : pourquoi écrit-on ?

Si l’écriture a façonné l’humanité — qu’on songe aux textes fondateurs comme la Bible ou le Coran — c’est qu’elle a permis de transmettre le savoir, de résoudre des énigmes, d’éclairer les peuples.
Mais chez nous, l’écrit semble produire l’effet inverse : il obscurcit, il égare, il abêtit.
Comment comprendre que, juste après des élections qui ont laissé des plaies béantes, au milieu de crises non résolues qui s’accumulent, alors qu’il est évident qu’il faut changer toute une équipe au pouvoir — car oui, il s’agit bel et bien de vouloir une alternance qu’on souhaitait démocratique au Cameroun — une partie de la presse persiste à jouer contre cette perspective ?
L’alternance n’est ni l’affaire de Maurice Kamto, ni de Issa Tchiroma, ni d’Anicet Ekane, ni d’aucun opposant.
C’est l’affaire des Camerounais.
C’est même l’affaire de ceux qui ont accepté le mensonge, la fraude et la manipulation pour offrir un nouveau mandat à Paul Biya.
Changer l’équipe pour refaire partir le pays : voilà le projet, voilà l’urgence. Voilà le cri de ceux qui appellent à un remaniement pour se convaincre, à leur manière, que leurs choix honteux seront peut-être rachetés.
Et voilà que le « journalisme » — car c’est bien lui qui est en procès ici — nous assène la gifle du sempiternel « on prend les mêmes et on recommence ».
Quand bien même ce serait vrai : Paul Biya aurait rencontré le SGPR pour « renouveler sa confiance » ?

Quel Paul Biya ?
Celui qui, ces derniers mois, n’était plus qu’une apparition végétative ?
Celui qui n’a pas existé durant la campagne ? Qui n’a rien dit, rien promis ?

Si c’est l’homme qui recevait les chefs traditionnels « au nom » de Paul Biya que Paul Biya aurait rencontré, alors cet homme s’est simplement rencontré lui-même.
Autrement dit : Ça fait longtemps que Paul Biya et Ngoh Ngoh ne font plus qu’un.

Donc Ngoh Ngoh renouvelle la confiance… à Ngoh Ngoh.

Et puisqu’il faut désormais se nourrir de ragots de palais relayés sur les réseaux sociaux — voilà où nous en sommes — où Chantal, la Première de, et Franck, le Premier Fils, se disputeraient le maintien ou la chute du même Ngoh Ngoh, nous assistons en réalité au coming out de ceux qui ont perpétré le hold-up du 12 octobre.
Leur objectif ? Maintenir le système tel qu’il est depuis des décennies, dans le plus pur business as usual.
Alors à ceux qui espèrent un changement de l’intérieur : circulez. Il n’y a rien à voir.
Que voulez-vous changer?
L’homme par qui le changement n’est jamais arrivé, ou le changement lui-même ?
Pour paraphraser l’autre… Sauf que parlant de changement dans le système vouloir assassiner Tchiroma autoproclamé Président de la République suffira-t-il être à l’abri d’un éventuel retour au pays de ce dernier ? D’une prestation de serment ou de la nomination d’un gouvernement bis par exemple? Et les partenaires étrangers du Cameroun alors? Jusqu’où accepteront-ils cette prolongation interminable de cette mascarade de fin digne d’une pièce de Ionesco orchestrée par une clone de Grâce Mugabe… Avec en plus des accusations graves qui pèsent sur certains acteurs de ce régime qui sont dans la ligne de mire de la CPI…
Le journalisme qui se contente de « faire du journalisme » — sans parler du journalisme à gages — est complice de la perpétuation de ce régime en décomposition, où tant d’acteurs ne rêvent que d’une chose : sauter du bateau.
On peut vouloir une autre vie après avoir été ministre, DG… 10 ans, 15 ans, 21 ans…
En lisant cette une qui se retrouve comme par hasard sur plusieurs journaux le même « jour », je n’ai pu m’empêcher de tirer sur le messager « shoot the messenger » car le journalisme devrait chez nous être projection, perspective, prospective : raconter ce que nous ne devons plus être, ce que nous pourrions devenir, ce que nous voulons bâtir.
Le journalisme doit sortir du « jour », cette prison du présent, pour ouvrir les portes des lendemains, des jours futurs qui nous libéreront.
Nous avons besoin de journalistes qui parient sur l’avenir du Cameroun.
Écrivez-nous des épîtres, des versets, des chartes qui seront récités par nos enfants.
Puisse votre verbe être le commencement, la graine d’où jaillira le nouveau Cameroun.

Jean Pierre Bekolo

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