Exaspérée, l’ART (Agence de régulation des télécommunications) désigne quelques mauvais payeurs. Parmi ceux-ci, des missions diplomatiques endettées. Le régulateur promet de transformer leurs retards en règlements immédiats.

Le secteur des télécommunications pourrait presque écrire un roman policier : intrigues, dettes mystérieuses et… diplomates qui semblent avoir oublié leurs factures. Lors de sa 57ᵉ session ordinaire et de sa 67ᵉ session extraordinaire, tenues les 9 et 10 décembre à Kribi, le Conseil d’administration de l’ART a mis cartes sur table : certaines représentations diplomatiques accumulent un retard de paiement que l’on pourrait qualifier de… monumental.
Le communiqué officiel publié le 10 décembre 2025 ne mâche pas ses mots. La présidente du Conseil, Pr Justine Diffo, a rappelé que la dette de certaines structures, parmi lesquelles figurent des missions diplomatiques, freine sérieusement le développement du secteur des télécommunications. Pour le Conseil, il est grand temps que la diplomatie paie ses factures. « Le Conseil d’administration a fortement préconisé à la Direction Générale (de l’ART) de mettre en œuvre tous les moyens de droit et leviers d’action disponibles pour assurer le recouvrement de ces arriérés qui entravent le développement du secteur », précise le communiqué. Traduction : les chèques en bois ne passeront plus.
L’humour n’a pas été totalement absent des débats. Certains membres ont plaisanté sur le fait que les ambassades et organismes assimilés semblaient croire que la « dette » était un concept théorique, à régler un jour peut-être, si le cœur leur en dit. Mais derrière la plaisanterie, le message est sérieux : l’ART veut des paiements rapides et complets. Les fonds récupérés serviront à moderniser les infrastructures, améliorer la qualité des services et garantir la connectivité, essentielle dans une économie numérique en pleine expansion.
Fermeté
Au-delà de la rigueur financière, le Conseil entend instaurer un suivi plus strict pour éviter que ces arriérés ne deviennent la norme. Fermeté, transparence et diplomatie, à doses égales, seront désormais les maîtres-mots pour que la téléphonie mobile et l’Internet ne soient pas les grands oubliés des ambassades trop occupées à faire briller leurs drapeaux.
Avec cette posture, l’ART démontre qu’il est possible, même dans un secteur sérieux comme les télécoms, de mêler rigueur et humour. Le message est clair : plus de retard, plus d’excuse et surtout… plus de dette. Les représentations diplomatiques avisées feront mieux de sortir leurs portefeuilles avant que l’ART ne frappe à leur porte.
Ongoung Zong Bella





