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Crédit bancaire en Afrique centrale : la CEMAC sous la coupole de la dégradation

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Au 31 décembre 2025, le total-bilan agrégé des 56 banques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ne représente que 25 000 milliards de FCFA (44 milliards USD).

L’on ainsi loin de la performance enregistrée au sein de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) tout au long de l’exercice en cours. Soit 72 068,3 milliards (127 milliards USD) ; Le dynamisme du secteur de la microfinance dans l’espace Cemac (2 061 milliards de FCFA) est lui aussi en retrait par rapport à l’effervescence dans la zone UEMOA (4 021,3 milliards).

Au sein de l’Afrique centrale cependant, l’on est sur une pente ascendante avec une croissance des actifs de 11%; principalement portée par le Cameroun (+10,8%), Centrafrique (+4,4%), Congo (+10,4%), Gabon (+4,2%), Guinée Equatoriale (+11,2%) et Tchad (+34%), selon le dernier rapport de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac).

Créances en souffrance
Les actifs ainsi mentionnés sont constitués de 17 995 milliards de FCFAn représentant 72,1 % du total de bilan, et d’un portefeuille de crédit établi à 12 501 milliards de FCFA. Selon la Cobac cependant les crédits non remboursés à échéance ont représenté 16,2% de ce portefeuille. Soit un montant de 2024 milliards de FCFA en hausse de 144 milliards de FCFA (+7,7 %) comparativement au niveau atteint un an auparavant. Les créances douteuses représentent la part la plus importante de cet agrégat, avec une valeur de 1536 milliards de FCFA. Le Gabon est tributaire de 31,4% de ces créances douteuse, suivi du Cameroun (14,5%) et du Congo (5,6%).

Les créances en souffrance connaissent un pic dans la zone Cemac depuis la chute des matières première de 2014, avec des variations au courant de certains exercices. Partant de 5% de l’enveloppe de crédits en 2012, elles ont atteint un plafond de 20% en 2018 avant de pencher progressiement la balance sans pour autant atteindre les niveaux d’avant la crise. « Ces créances en souffrance sont pour partie la conséquence directe des retards de paiement des États envers les banques mais aussi envers les entreprises privées qui peinent en conséquence à assumer leurs propres échéances de recouvrement auprès des banques”, explique le service économique régional de l’ambassade de France au Cameroun sur la question. Face à cette situation, les banques ont procédé au renforcement de leurs provisions pour dépréciation. Ces dernières atteignent 1464 milliards de FCFA en 2024 contre 1398 milliards un an plus tôt, mais restent modérées face à l’ampleur des crédits non remboursés.

Plus de crédits vers le privé
Malgré cette situation, les banques se sont montrées plus enclines à accorder des credits aux privés. Ces dernières années, les crises enregistrées successivement à l’échelle mondiale (Crise du Covid-19, conflit russo-ukrainien, guerre commerciale Etats-Unis- Chine, etc) avait conduit les banques à adopter une posture prudente quant à l’octroi des crédits aux privés. La donne change en 2024. Sans doute impulsée par les constantes injections de liquidité opérées par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Sur les 12 501 milliards de FCFA déboursés durant l’année écoulée, les prêts au secteur privé s’élèvent à 9 710 milliards de FCFA, après des niveaux établis 6 782 milliard en 2020.

Louise Nsana

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