Dans un climat politique marqué par les tensions post-électorales, le président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), Célestin Tawamba, sort de sa réserve pour lancer un appel au dialogue entre le pouvoir et l’opposition.

L’objectif saute aux yeux : restaurer la confiance, la sécurité et la stabilité économique, mises à mal depuis le scrutin présidentiel du 12 octobre dernier. Dans une déclaration officielle diffusée lundi 10 novembre 2025, le patron des patrons camerounais alerte sur les conséquences de la crise politique qui secoue le pays. Selon lui, la contestation des résultats a entraîné une « crise sociale d’une intensité préoccupante », aux répercussions économiques majeures. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, la hausse des prix et l’essoufflement du commerce intérieur témoignent, selon le GECAM, d’une dégradation rapide du climat des affaires.
Les entreprises, déjà fragilisées par un contexte international incertain, peinent à maintenir leurs activités et à planifier leurs investissements. « La fluidité des échanges est compromise, et la perception du Cameroun sur la scène internationale en pâtit », avertit le communiqué. Pour faire face, le Conseil d’administration du GECAM a commandité une enquête nationale destinée à mesurer l’ampleur des pertes économiques et sociales. Ses conclusions, attendues dans les prochaines semaines, seront partagées avec les pouvoirs publics « dans un esprit constructif et responsable ».
Tawamba appelle ainsi à un dialogue inclusif entre les acteurs politiques, estimant qu’il y va de l’avenir du pays. « Il est urgent de garantir la sécurité des personnes et des biens, de préserver la compétitivité nationale et de rétablir la confiance des investisseurs », plaide-t-il.
Cette prise de position, rare dans un paysage patronal souvent discret sur les questions politiques, marque une inflexion notable du discours du secteur privé. En insistant sur le lien entre stabilité et prospérité, le GECAM s’affirme comme une voix influente de la cohésion nationale. Car, au-delà des clivages, c’est l’économie réelle qui paie le prix fort de l’incertitude. Et pour Célestin Tawamba, seule une concertation sincère entre toutes les forces vives du pays permettra de remettre le Cameroun sur la voie du développement.
Jean René Meva’a Amougou





