La ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) pointe un doigt sur les obstacles qui freinent encore la concrétisation de cette vision mondiale.

Mardi, 10 novembre 2025, une vague de chaleur a irradié la ville de Yaoundé au Cameroun. Elle était portée par le collège de femmes africaines dont l’engagement à la matérialisation de l’Agenda Femmes-paix-sécurité n’a d’égal que celui de leur conductrice, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille Marie-Térèse Abena Ondoa.
Cette dernière conduit un séminaire de haut niveau des femmes leaders africaines pour la transformation de l’Afrique sur le thème : «Réaffirmer l’importance de l’Agenda Femmes-paix-sécurité, dépasser les obstacles, assumer une nouvelle ambition politique et concrétiser l’engagement de construire ensemble un monde plus juste et plus pacifique».
Ladite vision est entérinée depuis l’an 2000 par la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu). Laquelle préconise d’une part la protection des femmes et des jeunes filles dans un contexte de conflit, et le respect de leurs droits humains. Ladite Résolution encadre également la considération à donner aux initiatives paix portées par les femmes ; ainsi que la prise en compte de ces dernières et de leurs besoins durant l’élaboration de politiques publiques en matière de sécurité, de protection internationale, etc.
Comprenez par-là l’urgence de la détermination de ces leaders africaines alors que ces dernières examinent les moyens de passer du vœu pieux à l’action. «Vingt-cinq après, le bilan reste contrasté. Si des progrès notables ont été enregistrés, notamment à travers des politiques nationales de promotion du genre et de la paix, de nombreux défis demeurent: faible représentativité des femmes dans les instances décisionnelles, persistance des stéréotypes sociaux, manque de financement pour les initiatives locales, et faible vulgarisation du contenu de la Résolution auprès des communautés», observe Marie-Thérèse Abena Ondoa.
Au Cameroun, la recherche de l’équité des genres en matière de sécurité et paix est propulsée au niveau national par la Stratégie genre du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration, ainsi que par le Plan d’action du Cameroun la mise en œuvre des résolutions 1325 et connexes sur la période 2023 – 2027. La réalité locale cependant est encore empreinte d’une participation informelle des femmes dans la prévention et le règlement des conflits au Cameroun. A cela s’ajoute une sous représentativité persistante des femmes dans les postes de prise de décision. Aussi les assises de Yaoundé visent à : ouvrir une session de discussion impliquant diverses parties prenantes du pays, afin de faire en sorte que les priorités des femmes soient placées au cœur des décisions pour la paix et la sécurité à tous les niveaux ; identifier les obstacles sociaux, culturels et politiques, ainsi que les risques de protection qui limitent la pleine participation des femmes à l’instauration et au maintien de la paix. Il est par ailleurs question de créer un réseau national des femmes médiatrices au Cameroun.
Bobo Ousmanou