Afin de renforcer la confiance des visiteurs et de préserver leur santé, une cinquantaine de propriétaires d’hôtels ont adopté un plan d’action interne de prévention de la maladie.

Dans un contexte où le paludisme reste une menace sanitaire majeure au Cameroun, certains acteurs du secteur touristique ont décidé de prendre les devants. Leur initiative, apprend-on, s’inscrit dans une dynamique de collaboration entre le secteur privé et les institutions publiques. Les mesures à mettre en œuvre ont été définies lors d’un atelier organisé récemment à Yaoundé, sous l’égide du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), du ministère du Tourisme et de l’organisation Impact Santé Afrique. L’objectif : faire du tourisme au Cameroun une expérience sûre, où la protection contre cette maladie mortelle ne relève plus du hasard.
Selon les participants, ces engagements ne se limitent pas à de simples déclarations d’intention. Les hôtels concernés prévoient de renforcer la formation de leur personnel sur les méthodes de prévention, d’assurer une surveillance régulière des installations pour éviter la prolifération des moustiques et de sensibiliser les clients sur les gestes simples mais essentiels pour se protéger. Des campagnes de pulvérisation ciblée, l’installation de moustiquaires imprégnées d’insecticide dans les chambres et la mise à disposition de produits répulsifs figurent également parmi les mesures envisagées.
Enjeu
Le choix de cibler le secteur hôtelier n’est pas anodin. Le tourisme représente pour le Cameroun un levier stratégique de développement économique, avec l’ambition d’attirer 3,5 millions de visiteurs d’ici 2030. Or, le paludisme, responsable de près de 3 millions de cas et de plus de 2 000 décès recensés en 2024 selon le PNLP, constitue un frein significatif à cette ambition. La mise en œuvre de plans de prévention dans les hôtels peut donc constituer un signal fort pour les touristes, rassurés par l’attention portée à leur santé. Pour les experts, cette initiative marque un tournant dans la gestion de la santé publique au sein du secteur privé. « C’est une démarche proactive qui montre que le tourisme et la santé peuvent aller de pair », souligne un représentant du PNLP. « La collaboration entre les institutions et les hôteliers est essentielle pour transformer cette ambition en réalité concrète », ajoute-t-il.
Au-delà des bénéfices immédiats pour les visiteurs, les hôtels engagés espèrent également améliorer leur image et fidéliser une clientèle sensible à la qualité des services et à la sécurité sanitaire. Dans un contexte mondial où la santé est devenue un critère central du choix des destinations, ces initiatives peuvent constituer un avantage compétitif pour le Cameroun, qui cherche à se positionner comme une destination sûre et accueillante.
Toutefois, le succès de ce plan dépendra de la rigueur avec laquelle ces mesures seront appliquées et suivies dans le temps. Le PNLP et ses partenaires ont prévu un dispositif d’accompagnement et de suivi pour évaluer l’efficacité des actions mises en place et partager les bonnes pratiques entre établissements. Le but est clair : créer un modèle de prévention durable qui pourrait, à terme, être étendu à l’ensemble des hôtels du pays.
Alors que la saison touristique s’annonce cruciale pour le Cameroun, ces initiatives constituent une étape significative vers un tourisme sécurisé et responsable, capable de concilier développement économique et protection de la santé publique. Les prochains mois permettront de mesurer si cet engagement traduit réellement une avancée tangible dans la lutte contre le paludisme dans les lieux de loisirs.
Jean René Meva’a Amougou



