C’est encore une affaire de comités préparatoires. A chacune des échelles de préparation de la prochaine Conférence des chefs d’Etat de la Cemac, toutes les parties prenantes s’activent.

Pour faire du plus grand raout politico-diplomatique d’Afrique centrale une réussite, l’organisation doit être construite à partir d’un travail commun et coopératif. C’est le sens qui découle de la présence du Président de la Commission de la Cemac au palais de la Renaissance à Bangui, le 24 mars 2025. Dans un entretien avec des journalistes, retransmis le jour même à la télévision centrafricaine, Baltasar Engonga Edjo’o a indiqué que les préparatifs du prochain sommet ordinaire des chefs d’État de la Cemac étaient au centre des échanges de l’audience que lui a accordée le président Faustin-Archange Touadera. « Il est de notre devoir de tenir informé le Président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat des avancées et des défis liés à l’organisation de cette conférence », a déclaré le Président de la Commission de la Cemac.
A l’écouter, Baltasar Engonga Edjo’o a souligné qu’avec la plus haute autorité centrafricaine, la coordination des actions est mise en œuvre sur plusieurs sujets, et que ceux inscrits dans l’agenda communautaire ont acquis un statut prioritaire: « Nos échanges de ce matin avec le Comité d’organisation et la Commission Mixte ont été fructueux, et nous avons pu aborder des sujets cruciaux pour la Communauté ». A ce titre, il apparaît nettement que la rencontre avec le Pr Faustin-Archange Touadera a permis d’évaluer l’état d’avancement de l’organisation de cet évènement majeur et de s’assurer que toutes les conditions étaient réunies pour sa bonne tenue.
Enjeux
Dans ces conditions, « le premier enjeu a été d’obtenir un soutien du Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la Cemac », analyse la télévision publique centrafricaine. Selon ce média, « le second enjeu de l’entretien avec le président de la République centrafricaine a consisté à définir un cadre de référence commun à travers une implication des acteurs (administrations et politiques), des autres pays membres de la Cemac ». En effet, quelques indiscrétions, dans tous les Etats de la Communauté et au plus haut niveau, des spécialistes des différents domaines ont déjà formalisé des objectifs aussi précis que possible et ont discuté et proposé des thèmes.
Sur la foi d’autres indiscrétions, c’est de commun accord avec la présidence en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la Cemac que le thème officiel sera arrêté. «Sur le calendrier, ce n’est plus qu’une affaire de jours », renseigne-t-on. En attendant, la tendance générale des propositions épouse les contours des enjeux de l’heure au niveau communautaire (recherche de sortie des crises multiples qui se conjuguent actuellement, choix de modèle de développement à faire compte tenu des nouvelles urgences et des perspectives à court ou à long termes.
Ongoung Zong Bella
Chantiers de réhabilitation des infrastructures de la Cemac
Rythme soutenu à Bangui
« Satisfaction » et « confiance ». Comme avides de revanche, ces mots emportent tout sur les sites de réhabilitation des infrastructures de la Cemac dans la capitale centrafricaine.

Après la visite d’évaluation effectuée le 15 mars 2025 par Baltasar Engonga Edjo’o, l’on apprend que les travaux depuis 3 mois avancent à un rythme soutenu. Cela est vrai pour le Palais de la Cemac, l’École Inter-États des Douanes (EIED) et l’ancien siège de la Banque centrale, désormais attribué à la Commission. Face à ces avancées encourageantes, le Président de la Commission (accompagné des membres du gouvernement de la Cemac et des responsables des infrastructures) a constaté avec satisfaction l’engagement des autorités centrafricaines en faveur de la réhabilitation des infrastructures communautaires. Sur le coup, il a présidé une réunion de synthèse. Au cours de celle-ci, rapporte la presse centrafricaine, Baltasar Engonga Edjo’o a instruit les ingénieurs en charge des travaux de « présenter un état des lieux détaillé des tâches restantes en tenant compte des délais de livraison ; accélérer le rythme des travaux afin de respecter les échéances fixées (question de limiter les retards par rapport aux délais de livraison des travaux fixés au départ et qui étaient visiblement sous-estimés) ».
Par ailleurs, quelques recommandations ont été formulées afin de garantir la réussite du retour de la Commission à Bangui. Il s’agit, apprend-on, de « l’acquisition rapide de rideaux et de mobiliers de bureau adaptés aux nouveaux locaux avec l’implication de la Cellule de passation des marchés ; de l’inventaire du matériel à remplacer et l’organisation d’une vente aux enchères ; de la finalisation de l’équipement du Palais de la Cemac avant la fin des travaux; du recrutement d’un archiviste et de stagiaires pour accompagner le processus de réinstallation sous la conduite de Fulgence Likassi-Bokamba (Commissaire en charge de l’Education, de la Recherche et du Développement Social); de la réhabilitation des villas destinées au logement du personnel ; de la rétrocession des véhicules des projets et l’immatriculation des véhicules en provenance de Malabo.
Ces mesures témoignent de la détermination de la Commission de la Cemac à assurer un retour effectif et organisé à Bangui, conformément aux orientations des Chefs d’État de la Cemac.
Bobo Ousmanou
En bref
Colloque
Du 10 au 11 avril 2025, au Hilton Hotel de Yaoundé, se tiendra un Colloque financier international sur le thème : « Dette souveraine des Etats membres de la Cemac et opportunités de restructuration ». Selon le comité d’organisation, il est question de « mettre en lumière les capacités des institutions et des experts de la Cemac en matière de gestion et de restructuration de la dette publique ; créer des synergies pour favoriser la mise en œuvre d’une plateforme collaborative entre les différentes parties prenantes notamment les États membres, les sociétés de bourses, institutions financières internationales, les banques et l’ensemble du secteur privé pour construire des solutions durables et efficientes et enfin partager les expériences sur les mécanismes de restructuration de la dette souveraine en proposant aux challenges locaux des solutions pertinentes et éprouvées adaptées au contexte ».
Plusieurs thématiques clés seront abordées. Parmi celles-ci, l’on retrouvera l’état des lieux de la dette souveraine dans la Cemac; les défis soulevés par la dette souveraine dans la sous-région et les documents de financements; les réflexions sur les mécanismes de restructuration de la dette souveraine dans la Cemac ; le cadre juridique et réglementaire applicable à la dette souveraine dans la Cemac puis la structuration d’une transaction et documents de financement applicable à la dette souveraine. Les recommandations sont d’autant plus attendues que les Etats de la Cemac sont à l’étroit quant aux possibilités de s’endetter autant sur le marché local de la Cemac (contraintes prudentielles des banques oblige) qu’international avec des Eurobonds voraces en devises, celles-ci étant elles-mêmes rares…
Visite
Lors de son séjour à Yaoundé le 21 mars dernier, Mbogo Ngabo Seli (Commissaire en charge du Marché Commun à la Cemac) a eu une séance de travail avec le Secrétaire permanent du Comité des chefs de police de l’Afrique centrale (CCPAC, institution spécialisée placée sous la supervision du Département du Marché Commun) et ses collaborateurs. Selon nos informations, les échanges ont notamment porté sur les modalités de la deuxième phase d’opérationnalisation de la Brigade Cemac et la clôture prochaine du projet Interpol-Cemac (I-Cemac). Mbogo Ngabo Seli a profité de cette occasion pour visiter les nouveaux locaux du CCPAC, gracieusement mis à la disposition de la Cemac par la République du Cameroun.