Home AMBASSADES L’AES consolide son unité

L’AES consolide son unité

151
0

Le capitaine Ibrahim Traoré vient d’être porté à la tête de l’Alliance des États du Sahel (AES), à l’issue d’une importante réunion tenue à Bamako entre les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Cette décision est à la fois une bonne nouvelle et un signal politique fort. Elle traduit la volonté des trois pays de consolider leur union, de parler d’une seule voix et de faire le point sur la révolution politique, sécuritaire et idéologique qu’ils ont entamée depuis plusieurs années.

Dans un contexte africain marqué par l’instabilité, les ingérences extérieures et la remise en cause de la souveraineté des États, cette rencontre au sommet revêt une importance particulière. Elle montre que les dirigeants de l’AES ont compris que leur destin est désormais lié et que l’isolement serait fatal à chacun d’eux. L’Afrique, et au-delà tous les peuples épris de dignité et de justice, comptent sur eux, car c’est une partie de l’avenir du continent qui se joue aujourd’hui dans ces trois pays sahéliens.

Une union devenue une nécessité historique

L’AES n’est pas une alliance de circonstance. À l’origine, il y a la prise de conscience que les anciennes recettes, imposées de l’extérieur, ont échoué à apporter la sécurité, le développement et la souveraineté aux peuples du Sahel. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont payé un lourd tribut à la guerre contre le terrorisme, à la pauvreté persistante et à la tutelle politique et économique déguisée.
Face à cette situation, leurs dirigeants ont choisi une voie audacieuse: rompre avec l’ordre ancien et tenter de reprendre en main leur destin. Cette rupture a suscité de l’espoir, mais aussi de fortes résistances, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la région. D’où l’importance de l’unité. Seuls, chacun de ces pays serait vulnérable. Ensemble, ils deviennent une force politique et stratégique.
Le choix d’Ibrahim Traoré pour présider l’AES s’inscrit dans cette logique. Il incarne une génération nouvelle de dirigeants africains, déterminés à rompre avec la résignation et à assumer un discours de souveraineté sans complexe.

Être porté à la tête de l’AES n’est pas un simple honneur protocolaire. C’est une lourde responsabilité. Ibrahim Traoré devra œuvrer à renforcer la cohésion entre les États membres, harmoniser les stratégies sécuritaires et, surtout, maintenir le cap idéologique de la révolution engagée. Car cette révolution ne se limite pas à un changement de dirigeants. Elle ambitionne de transformer en profondeur la relation entre l’État et le peuple, de redonner aux citoyens le sentiment que leurs sacrifices ont un sens et que leur avenir leur appartient. Pour cela, l’exemplarité, la solidarité et la clarté de vision seront essentielles.
Les peuples sahéliens, éprouvés par des décennies de promesses non tenues, observent avec attention. Ils attendent des résultats concrets, mais ils savent aussi que le combat est long et semé d’embûches.

Des leaders précieux pour l’Afrique

Il est fondamental de le rappeler: l’Afrique a besoin de ces trois dirigeants — Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani — non seulement unis, mais vivants. Cela peut sembler une évidence, mais l’histoire du continent nous enseigne que les leaders porteurs de rupture sont souvent la cible de forces hostiles.
Leur disparition brutale ne serait pas seulement un drame humain. Elle constituerait un coup dur pour l’espoir qu’ils incarnent. Ils doivent donc se protéger, prendre toutes les précautions nécessaires, éviter les risques inutiles. Le courage n’a rien à voir avec la témérité ou l’imprudence.
Mais leur protection ne leur incombe pas seulement. Nous devons aussi les protéger. Les peuples, les forces vives de la nation, ont un rôle à jouer pour empêcher que l’histoire ne se répète.

Les leçons douloureuses de l’histoire africaine

L’Afrique a trop souvent vu ses meilleurs fils arrachés à la vie au moment où ils incarnaient l’espoir d’un avenir différent. Patrice Lumumba, Samora Machel, Thomas Sankara: autant de noms qui résonnent encore comme des blessures ouvertes. Leur assassinat ou leur disparition brutale n’a pas seulement brisé des vies. Il a interrompu des projets, retardé des rêves, plongé des nations entières dans le doute et le chaos.
Ce qui leur est arrivé ne doit plus jamais se reproduire. Chaque génération africaine a le devoir de tirer les leçons de ces tragédies. Protéger les dirigeants de l’AES, ce n’est pas les sanctifier ou les soustraire à la critique ; c’est préserver une dynamique historique qui dépasse les individus.

Une vigilance collective pour un espoir durable

La désignation d’Ibrahim Traoré à la tête de l’AES est un moment important pour le Sahel et pour l’Afrique. Elle symbolise la volonté de continuer la marche, malgré les obstacles, malgré les pressions, malgré les menaces.
Mais cette marche ne réussira que si elle est collective, lucide et vigilante. L’unité des dirigeants, leur protection et le soutien conscient des peuples sont les piliers de cette révolution en cours.
L’Afrique espère. Elle sait que, dans ces trois pays sahéliens, c’est une page nouvelle de son histoire qui est en train de s’écrire.

Jean-Claude DJEREKE

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here