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CACAO : La diplomatie suisse descend au champ

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S. E. Nathalie Kohli ( en blanc) au coeur des réalités paysannes à Ntui

À Ntui (région du Centre), la visite de l’ambassadrice Natalie Kohli met en lumière les fractures silencieuses entre producteurs locaux et industrie du chocolat, révélant les enjeux d’une filière aussi stratégique qu’inégalement valorisée.

S. E. Nathalie Kohli ( en blanc) au coeur des réalités paysannes à Ntui

La visite, la semaine dernière, de S.E. Natalie Kohli à Ntui, au cœur de l’un des bassins cacaoyers du Cameroun, s’inscrit dans une démarche diplomatique qui dépasse le simple protocole. En allant à la rencontre des agriculteurs et des communautés locales, l’ambassadrice de Suisse met en lumière un maillon souvent absente de la chaîne de valeur du cacao : celui des producteurs.

Sur le terrain, les échanges ont révélé les défis persistants auxquels font face les producteurs: volatilité des prix, accès limité aux intrants de qualité, et nécessité d’un accompagnement technique durable. «Nous produisons le cacao, mais nous ressentons rarement les bénéfices du produit fini», confie un agriculteur de Ntui. Pour beaucoup, la reconnaissance de leur rôle passe par une meilleure structuration des filières et un partage plus équitable de la valeur.

Dans ce contexte, la présence d’acteurs comme Barry Callebaut apparaît déterminante. L’entreprise, engagée dans des programmes de durabilité, tente d’améliorer les conditions de production tout en garantissant la qualité des fèves. « Notre objectif est de renforcer les capacités des producteurs pour qu’ils soient des acteurs à part entière de la chaîne », explique un responsable local. Une approche qui s’inscrit dans une dynamique globale de responsabilité sociale des entreprises.

Pour l’ambassadrice Natalie Kohli, cette visite revêt également une portée stratégique. « Comprendre la réalité des producteurs, c’est mieux appréhender les enjeux du commerce équitable et du développement durable », a-t-elle déclaré. En rapprochant diplomatie, économie et terrain, cette initiative met en évidence la complexité d’une filière où se croisent intérêts locaux et marchés internationaux.

Au-delà des discours, les attentes restent fortes. Les communautés espèrent des actions concrètes capables d’améliorer durablement leurs conditions de vie. « Nous voulons que nos enfants voient dans le cacao un avenir, pas une contrainte », insiste une productrice. Entre espoirs et incertitudes, la filière cacao demeure ainsi un révélateur des équilibres fragiles entre production, transformation et justice économique en Afrique centrale.

Ongoung Zong Bella

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