Organisée par le Programme d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC), en partenariat avec la Banque mondiale, la deuxième édition de l’AIC ambitionne de révéler les talents technologiques capables de transformer durablement le secteur agropastoral national.
C’est à Yaoundé, le 3 mars 2026, que la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a donné le ton lors d’un point de presse consacré au lancement officiel de cette nouvelle édition. Face aux médias, le membre du gouvernement a réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de faire du numérique un levier stratégique de transformation économique et sociale, notamment dans un secteur agropastoral confronté à de multiples défis structurels.
Pour l’édition 2026, a insisté la Minpostel, dix startups seront primées sur l’ensemble du territoire national. Chacune pourra bénéficier d’un appui financier pouvant atteindre 40 millions FCFA, ainsi que d’un accompagnement personnalisé dans le déploiement de son plan d’affaires.
Mme Minette Libom Li Likeng a ensuite indiqué que le concours est ouvert aux startups légalement constituées au Cameroun, aux jeunes entreprises en phase d’amorçage ou de croissance, et aux porteurs de projets disposant d’une solution déjà développée, au minimum au stade de prototype fonctionnel. Une attention particulière est accordée aux jeunes entrepreneurs, aux femmes innovatrices et aux initiatives à fort impact en milieu rural.
Quant à la procédure, elle repose sur un appel à candidatures national accessible en ligne. « Après une vérification administrative et technique des dossiers, les candidats présélectionnés défendront leurs projets lors de pitchs régionaux. Les critères d’évaluation portent notamment sur le degré d’innovation, la viabilité économique, l’impact socio-économique et le potentiel de mise à l’échelle », a informé le membre du gouvernement. Et d’ajouter : « À l’issue des présélections, vingt startups seront retenues pour la grande finale nationale prévue à Yaoundé en avril 2026. Les finalistes bénéficieront d’un cofinancement et d’un accompagnement technique dans le cadre du PATNUC ».
Conçu comme un mécanisme transparent et compétitif, l’Agritech Innovation Challenge entend identifier, accompagner et financer les startups les plus prometteuses. La première édition a déjà permis de structurer des solutions concrètes répondant à des problématiques réelles du terrain. Les conventions récemment signées avec les lauréats encadrent désormais leur accompagnement technique et financier, avec des objectifs précis, des indicateurs de performance et des mécanismes rigoureux de suivi. Inscrit dans l’axe stratégique n°3 du PATNUC, ce challenge vise à faire du digital un levier structurant pour l’agriculture, l’élevage et la pêche. Des secteurs qui constituent un pilier majeur de l’économie camerounaise, mais qui restent confrontés à de nombreux défis : faible modernisation des exploitations, difficultés d’accès aux marchés, vulnérabilité accrue face aux changements climatiques et pression croissante sur la sécurité alimentaire. Face à ces enjeux, les solutions numériques ne relèvent plus du luxe technologique, mais d’une nécessité stratégique. Plateformes de mise en marché, outils de traçabilité, applications de conseil agricole fondées sur la donnée, digitalisation des coopératives ou solutions facilitant l’accès au financement : autant d’innovations susceptibles d’optimiser la production, d’améliorer la gestion des ressources et de renforcer la résilience des producteurs.
Une nouvelle saison où la technologie entend semer les graines de la transformation agricole camerounaise.
Jean-René Meva’a Amougou
