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Ce que traduit la reconnaissance légale de la brigadeanti-sardinards par l’Etat français

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Pays de démocratie et de droits de l’homme, la France a posé un acte fort en attribuant à la Brigade Anti-Sardinards le statut d’organisation d’utilité publique.

Cette reconnaissance s’est matérialisée par l’annonce n°1482 – 77 – Seine-et-Marne du samedi 9 février 2019 portant création d’une association. La déclaration de la Direction de l’Information légale et administrative française mentionne en objet que cette association a pour mission d’« encadrer les primo arrivants – d’apporter le soutien nécessaire à toute personne éprise de libertés des pays accueillants – de défendre et promouvoir les droits et libertés des camerounais et des personnes d’origine camerounaise – de lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite ».


Des dérapages perpétuels
Dans une vidéo devenu virale sur les réseaux sociaux, on peut apercevoir une troupe de jeunes gens se réclamant de la « Brigade Anti-Sardinards » (BAS) ou du CODE, un groupe militant, le 3 mars 2025 à Bruxelles, faisant irruption dans une salle de cérémonie. Durant une dizaine de minutes, des participants sont pris à partie. Sans réplique, des personnes ont été enfariné, sauvagement humiliées par les envahisseurs. Le ministre camerounais de la jeunesse et de l’éducation civique, Mounouna Foutsou, a été agressé par ce même groupe. Cette attaque a également visé l’ambassadeur du Cameroun en Belgique, Daniel Evina Abe’e. Le gouvernement camerounais a condamné ces actes de violence et a convoqué l’ambassadeur de Belgique au Cameroun pour exprimer son indignation et demander des mesures de sécurité renforcées. D’autres ministres camerounais ont également été agressé par des camerounais en Europe. Paul Biya lors d’un séjour à Genève en 2019 a également subie cette humiliation orchestrée par des compatriotes protestant contre sa présence. Cet état de fait traduit les tensions qui existent entre le gouvernement et la diaspora camerounaise.


La république dans la gadoue
La république est trainée dans la boue par des individus sans loi et ni foi qui se revendiquent un certain patriotisme exigent. De plus en plus, ces dérapages deviennent des faits de société normaux, applaudis dans certains milieux par des contestataires qui vouent une haine viscérale au régime de Yaoundé. Un panéliste, sur un plateau de télévision avait récemment soutenu que « la BAS était une chance pour le Cameroun ». Des propos d’une extrême gravité pour une république. Ce qui lui a valu une interpellation. Est-ce par le biais d’actes de violence que la démocratie devrait s’exprimer en République ? Si certains citoyens estiment que des élus du peuple ont trahi leur engagement, ne serait-il pas commode que la sanction qui leur soit infligé se fasse dans les règles de l’art ? c’est-à-dire dans les urnes, par un vote-sanction ?
Un rapport diplomatico-politique stable


Il faut admettre que malgré ces tensions, les relations entre le Cameroun et la France sont restées au bon point. La reconnaissance de ce que les autorités de Yaoundé assimile à une horde de hors-la-loi n’a pas affecté directement les rapports diplomatiques entre les deux Etats. Mais il faut avouer que le commerce bilatéral entre le Cameroun et certaines entreprises françaises a pris un coup. Ces dernières hésitent à investir au Cameroun en raison des conditions économiques difficiles. Dans les milieux politico-administratifs camerounais, les attitudes de la BAS sont vigoureusement condamnées alors qu’en France les avis sur la question sont mitigés.

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