La menace que brandit une vingtaine de syndicats pourrait être concrétisée le jour de la rentrée du 3e trimestre de l’année scolaire en cours.

Le dossier est sur la table du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, depuis le 19 mars 2025. Il est porté par un collectif d’une vingtaine de syndicats d’enseignants du primaire et du secondaire public. Dans le document, leur litanie fait part « des problèmes structurels et fonctionnels persistants qui s’aggravent en raison du manque de volonté politique et de l’absence de solutions concrètes du gouvernement ».
Concrètement, le collectif des syndicats d’enseignants évoque, entre autres, la non-tenue du Forum national de l’éducation (FNE) programmés depuis neuf ans par le gouvernement ; l’absence d’un statut spécial de l’enseignant et d’un cadre légal pour le secteur privé ; les retards de paiement des indemnités et la dégradation des conditions de travail des enseignants.
Exigences
Pour baisser leur colère, ces syndicats restent campés sur quelques préalables. Parmi ceux-ci, il y a le paiement immédiat et intégral des indemnités dues aux enseignants pour les sessions d’examens de 2024 et antérieures (Le gouvernement a commencé à s’acquitter de cette dette et il est possible que la dette soit totalement apurée à la fin de cette année, de l’avis même de certains syndicalistes), l’établissement d’un calendrier précis et garanti pour les paiements futurs, ainsi que l’ouverture immédiate des négociations pour la revalorisation des indemnités.
Ce n’est pas tout. D’autres réclamations sont focalisées sur la régularisation immédiate et sans condition de la situation de tous les personnels en situation d’illégalité dans les établissements publics d’une part, et l’adoption et la signature d’un statut spécial du personnel éducatif d’autre part. Rappelons que 164 milliards FCFA ont été débloqués pour apurer la dette due aux enseignants du Secondaire et primaire. Calculette en main, ce montant représente 82% de l’enveloppe globale qui est de 200 milliards FCFA. C’est dire que le Trésor public doit encore décaisser 36 milliards FCFA pour régler cette cause.
Bobo Ousmanou