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Yaoundé : la capitale se rebelle contre les bouchons

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Entre le MINDHU et la BEI: langage commun autour de Yaoundé

Entre routes restructurées, foncier sécurisé et déchets valorisés, la ville se réinvente pour enfin transformer ses
embouteillages légendaires en mobilité maîtrisée

Entre le MINDHU et la BEI: langage commun autour de Yaoundé

Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, semble avoir décidé de ne plus subir ses embouteillages légendaires. La Banque Européenne d’investissement (BEI), fidèle partenaire des ambitions du Président Paul BIYA, joue les pompiers financiers pour la Voie de Contournement de Yaoundé (VCY). Pour la Section T3, sur un coût total de 196,86 millions d’euros, la BEI a mobilisé 150 millions, soit 76,2 %. Le reste ? En attente des indemnisations et du
Plan d’Action de Réinstallation (PAR) gérés par la Banque africaine de développement (BAD). Les études, à l’arrêt depuis novembre 2025 à cause du retrait du City Climate Gap Fund, ont repris grâce à l’appui de la BEI. Sur 165 000 euros restants, 116 000 ont déjà été mobilisés pour relancer le consultant GFA/GEST. Comme le souligne le MINHDU : « Voilà la clé de voûte pour le démarrage effectif des travaux à brève échéance » de quoi faire sourire ceux qui pensaient que les travaux publics au Cameroun étaient synonymes de patience infinie. Mais la mobilité
n’est pas le seul chantier. La Banque mondiale, du 9 au 18 mars 2026, soutient le Projet Villes et Gestion Foncière
Durables (PVGFD) avec 200 millions de dollars pour Yaoundé et Douala. Pour la capitale, ce sont 13 km de voiries structurantes qui sont concernés : réhabilitation de la boucle de Nkolbikok (Carrefour MEEC, Carrefour GP, Carrefour
Marché Melen, Mini Ferme, Carrefour MATGENIE), raccordements au PDVIR, aménagement en 2×2 voies de Mimboman, reconfiguration de carrefours critiques. Bref, un véritable plan de bataille contre les bouchons, où chaque carrefour est une zone de guerre. L’ironie, c’est que certains automobilistes continuent de considérer
que klaxonner est un art de vivre.

Le PVGFD ne s’arrête pas aux routes. Il s’attaque au foncier et à la résilience climatique. 20 millions de dollars sont dédiés à la modernisation foncière, notamment la numérisation de 200 000 dossiers. Enfin, la ville s’efforce de bortir de l’ère du papier et des archives poussiéreuses, un petit miracle administratif à lui tout seul. Autre front de bataille : les déchets urbains. Le 12 mars 2026, le MINHDU a signé deux Mémorandums d’Entente avec HERMOSUN
Cameroun et BLUE ENERGY HOLDING.

Objectif : transformer les déchets en ressources énergétiques et agricoles tout en modernisant la collecte et le traitement. Fini les montagnes d’ordures qui faisaient le bonheur des moustiques et la disgrâce des citadins. Ironie du sort : il aura fallu presque une décennie pour que l’on considère enfin que les déchets ne sont pas des décorations urbaines. Entre modernisation des routes, sécurisation foncière et gestion innovante des déchets, Yaoundé se transforme à grande vitesse. Le tout, dans un mélange d’ambition présidentielle, de prêts Internationaux et de patience citoyenne parfois mise à rude épreuve.

La capitale n’est plus seulement en chantier : elle se réinvente, un carrefour et une bretelle à la fois, pour offrir aux habitants une vie urbaine digne du XXIᵉ siècle, ou du moins pour que les automobilistes puissent klaxonner moins longtemps.

Jean-René Meva’a Amougou

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