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Cameroun : l’Irad relance la production de blé pour réduire la dépendance alimentaire

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Depuis le 23 janvier 2026, l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) du Cameroun a lancé la récolte de semences de base de blé dans la localité de Wassandé, région de l’Adamaoua, dans le cadre de la campagne agricole 2025.

Cette récolte couvre 200 hectares et concerne les variétés Irad 1 et Irad 2, développées par l’institut. Selon le directeur général, Dr Noé Woïn, ces parcelles permettront de produire 600 tonnes de semences de base, capables d’ensemencer 6 000 hectares lors de la prochaine saison des pluies, dans les zones agroécologiques favorables, notamment les Hauts-plateaux, les hautes savanes guinéennes et la zone soudano-sahélienne.

L’initiative s’inscrit dans un contexte où le Cameroun reste fortement dépendant des importations pour son approvisionnement en blé, utilisé pour la fabrication de pain, pâtes et autres produits alimentaires. Chaque année, le pays consacre 214 milliards FCFA (environ 387 millions USD) pour importer près d’un million de tonnes de farine de blé. Les seules acquisitions au deuxième trimestre 2025 s’élevaient à 278 408 tonnes, pour plus de 45 milliards FCFA, selon le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC). Cette dépendance expose le pays aux fluctuations internationales et rappelle les crises passées, comme celle de février 2008, lorsque la pénurie et la hausse des prix avaient déclenché des émeutes de la faim.

Démarré en juillet 2022, le projet de développement de la production locale de blé bénéficie d’un financement étatique de 10,3 milliards FCFA (18,5 millions USD) pour la période 2022-2026, destiné à l’acquisition de matériel végétal et à la création de champs semenciers. L’objectif est double : réduire la dépendance aux importations et renforcer la sécurité alimentaire nationale. Selon Dr Woïn, l’IRAD a acquis des équipements adaptés et des semoirs performants, ce qui devrait améliorer progressivement les rendements et assurer la disponibilité de semences certifiées dès la fin 2026.

La réussite de cette initiative repose sur plusieurs facteurs : adaptation des semences aux conditions climatiques variées, mécanisation, formation des agriculteurs et structuration de filières de transformation et de commercialisation. Elle pourrait également favoriser la diversification agricole, créer des emplois et renforcer les compétences locales en recherche agronomique. Si les objectifs sont atteints, le Cameroun pourrait progressivement produire son blé, réduire ses importations, stabiliser les prix et améliorer sa résilience alimentaire, tout en consolidant sa souveraineté agricole.

Rémy Biniou

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