La première lecture et l’évangile de ce dimanche parlent de tentation. Qui est tenté ? Adam et Ève dans le jardin d’Éden, puis Jésus au désert. Qui tente ? Satan.

En tentant, il cherche à diviser, à séparer ses interlocuteurs de Dieu. C’est pourquoi il est appelé le diviseur (diabolos en grec). Comment procède-t-il pour diviser ? En utilisant le mensonge qui peut créer le doute chez la personne qui écoute. Ainsi, en disant à Adam et Ève que leurs yeux s’ouvriront et qu’ils seront comme des dieux connaissant le bien et le mal, s’ils mangent du fruit de l’arbre de la connaissance, Satan ment parce que Adam et Ève avaient déjà été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, c’est-à-dire qu’ils avaient déjà tout reçu de Lui. Leur péché, c’est donc d’avoir cru au mensonge de Satan et donc de n’avoir pas fait confiance à Dieu, de L’avoir soupçonné de leur cacher quelque chose. En mangeant le prétendu fruit défendu, ils décident de prendre de force ce qui leur aurait été dissimulé: la connaissance du bien et du mal. Jésus a une attitude différente: il ne cède pas au mensonge du tentateur selon lequel « Il est écrit: il donnera des ordres pour toi à ses anges et ils te porteront sur leurs mains de peur que ton pied ne heurte une pierre ».Ce mensonge, Jésus le déconstruit en citant une parole de l’Écriture: « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Mieux encore, il se montre fils en faisant confiance au Père, en ne doutant pas de l’amour ou de la bienveillance de ce dernier.Paul Ricœur a appelé Marx, Nietzsche et Freud les « maîtres du soupçon » (cf. « De l’interprétation. Essai sur Freud », Paris, Seuil, 1965).
En réalité, c’est chacun de nous qui est toujours tenté de soupçonner Dieu de cacher des choses à l’homme, de penser que l’Église ne nous dit pas tout. Alors, certains catholiques vont dans les groupes ésotériques dans l’espoir de découvrir enfin ce qu’on leur aurait caché jusque-là. Il nous arrive aussi de soupçonner les autres (parents, collègues, confrères ou amis): et s’ils voulaient notre mal ? Ce que les textes de ce jour veulent nous faire comprendre, c’est que vivre constamment dans le soupçon empoisonne la vie de l’homme. Si nous ne pouvons pas avoir une confiance aveugle dans les hommes, nous pouvons et devons en revanche faire totalement confiance à Dieu, ne pas croire que ses lois sont destinées à nous faire souffrir ou qu’il serait jaloux de notre bonheur. Non, Dieu veut notre bien et uniquement notre bien.
Jean-Claude Djéréké






