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Financement du budget : les 2/3 sur ressources propres

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Ministère des Finances à Yaoundé

Le lancement du budget de l’État pour l’exercice 2026, le 13 janvier à Ngaoundéré, a permis au ministre des Finances, Louis Paul Motaze, de réaffirmer une orientation stratégique claire : renforcer l’autonomie financière du Cameroun.

Ministère des Finances à Yaoundé

En indiquant que près des deux tiers du budget sont financés par les recettes propres de l’État, et non par l’endettement, le MINFI a posé un marqueur fort de rigueur et de souveraineté budgétaire, dans un contexte international marqué par la prudence et la pression des institutions financières. Pour plusieurs analystes, cette déclaration traduit une évolution notable de la gestion des finances publiques. « Le fait que l’État camerounais puisse aujourd’hui couvrir l’essentiel de ses besoins budgétaires par des ressources internes est le résultat d’un travail structurel engagé depuis des années », estime Hamadi Bayero. L’économiste, spécialiste des finances publiques, y voit « un signal de crédibilité envoyé aux marchés et aux partenaires internationaux ».

Cette dynamique repose notamment sur l’amélioration du rendement fiscal, la modernisation des administrations financières et une meilleure traçabilité des recettes. Selon Urbain Yves Engoulou, expert en politique budgétaire, « la stratégie défendue par Louis Paul Motaze vise moins à exclure l’endettement qu’à en faire un outil maîtrisé, utilisé de manière ciblée et non systématique ». Une approche jugée plus soutenable dans un contexte où le service de la dette reste une contrainte majeure pour de nombreux pays africains.

Contrairement aux critiques récurrentes sur l’étroitesse de l’assiette fiscale, certains observateurs soulignent les avancées réalisées. « La pression fiscale n’a pas été aveuglément augmentée, elle a été mieux organisée », soutient le fiscaliste Benjamin Mbock. Ce dernier rappelle que l’élargissement progressif de la base des contribuables et la lutte contre les fuites de recettes constituent des chantiers de long terme. Pour lui, « les résultats actuels montrent que la trajectoire est la bonne ».
La réduction relative du recours à l’endettement est également saluée par des experts en gestion de la dette publique. « Limiter l’emprunt tout en maintenant les investissements structurants est un exercice d’équilibriste », analyse Placide Ndoh Essomba. Consultant auprès du Cercle d’études économiques du Cameroun (CEREC). Cet universitaire se réjouit ce que « le Cameroun parvient, pour l’instant, à préserver cet équilibre, ce qui est loin d’être le cas dans la sous-région ».

Au-delà des chiffres, le message porté par le MINFI est aussi politique. Il vise à rassurer les partenaires techniques et financiers sur la discipline budgétaire du pays, tout en adressant aux citoyens un signal de responsabilité. « Un État qui finance majoritairement son budget par ses propres ressources renforce sa capacité de décision et sa résilience face aux chocs extérieurs », résume Placide Ndoh Essomba.
Le budget 2026 apparaît ainsi comme l’illustration d’une option assumée : consolider les recettes internes, encadrer l’endettement et inscrire durablement les finances publiques dans une logique de souveraineté. Sous l’impulsion de Louis Paul Motaze, la politique budgétaire camerounaise revendique une gouvernance prudente mais ambitieuse, que de nombreux experts considèrent aujourd’hui comme un socle crédible pour la stabilité économique du pays.

Bobo Ousmanou

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