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Prix national FEICOM 2025 : quand la décentralisation s’écrit à hauteur d’homme

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Moment des récompenses le 11 décembre 2025 à Yaoundé

Présidée par Georges Elanga Obam, ministre de la Décentralisation et du Développement local, la cérémonie a rappelé que le Cameroun se construit aussi depuis ses communes, parfois loin des capitales et des projecteurs.

Moment des récompenses le 11 décembre 2025 à Yaoundé

Une cérémonie où les chiffres ont côtoyé les rêves, et où la décentralisation, souvent invoquée, s’est enfin racontée en actes. Le 11 décembre dernier, sous les lustres sobres du siège du FEICOM à Yaoundé, la 6ᵉ édition du Prix National des Bonnes Pratiques Communales de Développement a pris des allures de célébration républicaine. Une cérémonie où les chiffres ont côtoyé les rêves, et où la décentralisation, souvent invoquée, s’est enfin racontée en actes.

Lauréats
Au sommet du palmarès, Ngoura, commune de la région de l’Est, a décroché le premier prix national et une dotation de 70 millions FCFA. Une récompense qui sonne comme un hommage au courage administratif, à la patience des chantiers et à l’ingéniosité locale. Derrière elle, Nkoteng, dans le Centre, et Djohong, dans l’Adamaoua, complètent le podium avec respectivement 50 et 30 millions FCFA. Trois territoires, trois trajectoires différentes, mais une même ambition : améliorer concrètement la vie des populations.

Les prix spéciaux, eux, dessinent une cartographie des priorités publiques. Nutrition, droits de l’enfant, droits des femmes, gouvernance urbaine : autant de thèmes qui traduisent une décentralisation sensible, attentive aux vulnérabilités. Douala 5ᵉ, Nkambe, Tokombéré ou Ngaoundéré 3ᵉ incarnent cette nouvelle grammaire communale, où l’action locale devient un poème social écrit à plusieurs mains.

Consistance
Pour le jury, la tâche n’a pas été simple. Il fallait, apprend-on, évaluer la viabilité technique, l’impact social et, surtout, le potentiel d’innovation. Nous avons regardé au-delà du béton et du ciment. Nous cherchions à savoir si le projet va améliorer la vie des habitants, si les technologies proposées sont adaptées au contexte local, et si le tout peut être reproduit ailleurs », indique Alphonse Didier Bikoula Bekono, maire de la commune d’Olanguina et représentant des Communes et Villes du Cameroun au sein du jury.

Avec une enveloppe globale de 435 millions FCFA pour 17 récompenses, l’institution dirigée par Philippe Camille Akoa confirme son rôle de boussole financière des collectivités. Plus qu’un concours, le Prix National FEICOM 2025 s’impose comme un miroir tendu aux communes : celui d’un Cameroun qui avance, pas à pas, depuis ses villages et ses quartiers, porté par la force tranquille du local. À travers ces distinctions, le FEICOM envoie un message clair aux exécutifs municipaux : « la performance n’est plus une abstraction budgétaire, elle se mesure à l’impact social. Les prix régionaux, chacun doté de 20 millions de FCFA et attribués par un jury international, étendent cette reconnaissance à l’ensemble du pays, comme un chapelet d’initiatives semées sur le territoire national », résume Philippe Camille Akoa, le directeur général du FEICOM.

Jean-René Meva’a Amougou

Michel Mada, maire de Ngoura (1er Prix national)

« Même une commune éloignée peut être un laboratoire de solutions »

Ce prix est avant tout une reconnaissance du travail collectif. À Ngoura, nous avons choisi de bâtir des projets utiles, pensés avec les populations. Cette récompense confirme que la proximité est une force. Elle honore les équipes municipales, les chefs traditionnels et les citoyens engagés. Les 70 millions reçus ne sont pas une fin, mais un levier pour consolider nos acquis. Nous savons désormais que même une commune éloignée peut être un laboratoire de solutions. Ce prix nous oblige davantage, car les attentes seront plus fortes demain.

Hubert Ésaie Kanga, maire de Nkoteng (2ᵉ Prix national)

« Reconnaissance nous conforte dans nos choix »

Ce prix est avant tout une reconnaissance du travail collectif. À Ngoura, nous avons choisi de bâtir des projets utiles, pensés avec les populations. Cette récompense confirme que la proximité est une force. Elle honore les équipes municipales, les chefs traditionnels et les citoyens engagés. Les 70 millions reçus ne sont pas une fin, mais un levier pour consolider nos acquis. Nous savons désormais que même une commune éloignée peut être un laboratoire de solutions. Ce prix nous oblige davantage, car les attentes seront plus fortes demain.

Oumarou Issama, maire de Djohong (3ᵉ Prix national)

« Ce prix nous donne une voix et une responsabilité accrues »

Il dit clairement que les communes rurales ne sont pas condamnées à l’effacement. À Djohong, nous avons travaillé avec peu de moyens, mais avec beaucoup de conviction. Cette distinction est une victoire morale pour nos populations, souvent oubliées. Elle montre que l’État et ses partenaires regardent aussi vers les territoires enclavés. Nous allons utiliser cette récompense pour renforcer l’accès aux services de base. Ce prix nous donne une voix et une responsabilité accrues.

Propos recueillis par JRMA

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