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Jean Mballa Mballa : «Il est important que les recommandations des OSC soient prises en compte»

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Jean Mballa Mballa/Directeur Exécutif du CRADEC/Membre du Comité ITIE.

Le directeur exécutif du Cradec, par ailleurs membre de l’ITIE, fait ses recommandations en vue de la conformité totale du Cameroun aux exigences de l’Initiative sur la transparence des industries extractives.

Jean Mballa Mballa/Directeur Exécutif
du CRADEC/Membre du Comité ITIE.

Où se situe le Cameroun aujourd’hui en matière de gouvernance et de transparence dans le secteur extractif, en droite ligne de la norme ITIE?
Le Cameroun fait face à des défis importants en matière de gouvernance et de transparence dans le secteur extractif. Bien que des efforts aient été fournis pour se conformer à la norme de l’ITIE, le pays est actuellement suspendu en raison du manque d’engagement et d’initiatives. La transparence des données financières et opérationnelles reste insuffisante, ce qui nuit à la confiance des citoyens et à l’efficacité des politiques publiques.

Quelles sont/ont été de façon particulières les actions du CRADEC au sein de l’ITIE?
Le CRADEC a joué et continue à jouer un rôle actif au sein de l’ITIE en promouvant la sensibilisation et la participation des acteurs de la société civile. Parmi ses actions, on note l’organisation des Forum minier des Riverains avec pour objectifs d’informer et engager les communautés sur les enjeux du Code minier en application de l’ITIE ; la formation des journaliste sur l’utilisation des données ITIE pour promouvoir la transparence et lutte contre les flux financiers illicites et la corruption dans le secteur extractif, la promotion du débat public à travers les production et publication , au médiatique ; la collaboration et l’interaction avec des OSC au sens large du terme, pour suivre la mise en œuvre des normes ITIE, et la facilitation de dialogues entre les parties prenantes. Le CRADEC participe activement aux travaux des sessions du Comité ITIE, en tant représentant du Collège des OSC.

Qu’est-ce qui doit être fait pour améliorer l’action de la société civile et même des populations au sein de l’ITIE?
Pour améliorer l’engagement de la société civile, il est crucial de renforcer les capacités des OSC par des formations sur l’importance de la transparence dans le secteur extractif. Un effort est déjà fait dans ce sens, mais cet effort doit être soutenu par le financement des plans de travail de l’ITIE, afin de permettre l’utilisation des acquis des formations à travers les activités proposées par les OSC. Ceci conduira à la mobilisation des communautés, via des plateformes locales d’information et d’échange, rendant l’engagement des OSC plus opérationnel et impactant sur la mise en œuvre des mesures correctives et les recommandations des divers rapports. Pour finir, il est tout aussi important que les recommandations proposées par les OSC soient prises en compte dans les politiques publiques dédiées à la transparence du secteur et à la finance publique en général.

À qui profite l’opacité et quelle est la chaîne des conséquences pour le Cameroun quand on sait la contribution du secteur extractif dans l’économie nationale?
L’opacité profite principalement à des acteurs individuels, des entreprises qui peuvent exploiter ces ressources sans rendre compte de leurs activités. Dans un tel contexte, cela crée un terrain propice à la corruption et aux abus de pouvoir. Les conséquences pour le Cameroun incluent une perte de recettes fiscales, un développement socio-économique freiné, particulièrement dans les zones d’exploitation de pétrole et des mines, et la perpétuation des inégalités, ce qui nuit au développement durable des communautés et à l’image du pays à l’international.

Alors que le prochain rapport ITIE du Cameroun pour l’exercice 2023 est en voie d’être rendu public, quels sont les attentes du CRADEC?
Le CRADEC s’attend à ce que le rapport ITIE 2023 inclue une analyse approfondie sur les impacts de l’exploitation des ressources sur les femmes et les groupes vulnérables. Il est essentiel de démontrer comment la justice fiscale peut être intégrée pour assurer une redistribution équitable des bénéfices. De plus, des mesures doivent être prises pour améliorer l’accès et la diffusion des données, afin de favoriser la transparence et la participation des parties prenantes, y compris des associations de femmes, dans le suivi des activités extractives.

Louise Nsana

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