PANORAMAPORTRAIT DÉCOUVERTE

Zachary Nkwo, Abed-Négo Messang…des voix complètement foot

Ils se sont fait un nom, un prénom et une réputation. Ils ont marqué la petite histoire de la CAN par leurs commentaires en direct.

Zackary Nkwo

«Coup franc de Moussa N’daw oooh et but! Sénégal 2, Cameroun 0. Alors là…». Du haut de la cabine de reportage, Abed-Nego Messang ne se détache pas des enjeux de la rencontre qui, ce 6 mars 1990 à Annaba (Algérie), oppose les Lions Indomptables aux Lions de la Téranga. «Une chose est sûre: avec cette défaite, le Cameroun, tenant du titre, sort de la compétition, à la différence de son adversaire du jour qui a encore son destin entre ses mains dans cette CAN algérienne», lance-t-il. Sur les ondes de la CRTV-Radio, Abed-Nego Messang ne jette aucun voile pudique sur l’équipe du Cameroun: «Bien que donnée archi-favori par les spécialistes du ballon rond, elle a pris le bouillon, dépassée dans tous les compartiments du jeu par l’intensité et la hargne des Sénégalais au cours de cette 2e journée dans la poule B». Avant de conclure très sobrement par «Ici Annaba, à vous Yaoundé!». La voix du reporter sonne tel qu’il n’est même plus la peine de la questionner. «Abed-Nego Messang aura été indissociable du football camerounais, et c’est à ce titre qu’il était entré dans nos vies», signale Jean-Robert Fouda. Pour l’actuel rédacteur-en-chef du bihebdomadaire camerounais Repères, «il faut mettre au crédit d’Abed-Négo Messang qu’il savait faire vivre un match; il avait le don de façonner sa matière, la rendre intéressante et même attractive». «Du fait de son ancienneté dans le décor du service des sports radio, dont il était devenu un élément inamovible, Abed-Négo Messang était devenu une institution du reportage en direct. Dommage qu’un 27 avril 2005, il soit parti», appuie Maurice Timegni, ancien chroniqueur sportif à la CRTV.

Abed Négo Messang

Des profils comme celui-ci, on en a connus pendant la CAN. «Je pense notamment à Zachary Nkwo lors de la 8e édition organisée ici au Cameroun en 1972. À la manière d’un vrai supporter, avec toujours, sa voix si reconnaissable, Zachary Nkwo avait eu des phrases pleines d’une émotion non feinte lors de l’élimination en demi-finale de l’équipe du Cameroun par le Congo-Brazzaville le 2 mars 1972», se remémore Daniel Medang. Aujourd’hui âgé de 89 ans, cet ancien fonctionnaire des douanes estime qu’au cours de cette compétition, «Zac risquait un ton décalé donnant l’impression qu’on pouvait parler de football d’une manière plus familiale». Et selon Abel Mbengue, son complice attitré à Radio-Cameroun, c’est à Zachary Nkwo qu’il doit «l’idée de se présenter aux portes des vestiaires pour y réaliser ses interviews. «À l’époque, les vestiaires n’étaient pas fermés aux journalistes, ou réservés comme aujourd’hui aux chaînes ayant payé fort cher le droit d’arracher quelques confidences aux acteurs à la sortie de la douche. Aujourd’hui, je me rends compte de l’ivresse magnifique de sa présence à mes côtés pendant la CAN de 1972 et celle de 1986 en Égypte», explique le commentateur émérite.

Jean-René Meva’a Amougou

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