Viabilité budgétaire : les institutions de l’UEAC inquiètent

La 36e session ordinaire du Conseil des ministres de l’UEAC principalement consacrée à l’examen et à l’adoption du budget de la Communauté s’est achevée le 27 janvier dernier.

Le Pr Daniel Ona Ondo à la 36e session du Conseil des ministres de l’UEAC

Sur la base du communiqué final ayant sanctionné les travaux et parvenu à notre rédaction ce 8 février 2021, on sait que la question de la viabilité budgétaire des institutions de la Cemac a été abordée. C’était à l’occasion de l’adoption du procès-verbal de la 35e session ordinaire de l’institution tenue par visioconférence le 10 août 2020. S’agissant précisément de cet aspect, «les ministres ont pris connaissance du faible taux de recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), qui se traduit, à la fin 2020, par une accumulation des arriérés de près de 100 milliards FCFA et une dette sociale d’environ 20 milliards FCFA», ont relevé pour s’en inquiéter, les plénipotentiaires de la sous-région.

L’inquiétude du Conseil des ministres de l’UEAC est d’autant plus grande que c’est désormais sur les autres ressources constituées des fonds propres, du Fonds de développement de la Communauté (Fodec) et des financements extérieurs, que la Cemac doit désormais s’en remettre pour assurer son déploiement. À ce propos en effet, les ministres «ont relevé qu’en raison de la modestie des performances de la TCI, près de 90% des ressources recouvrées sont affectées au fonctionnement de la Communauté», renseigne le communiqué final.

Face à une telle situation qui appellent des réajustements, le Conseil des ministres a pris connaissance de l’étude menée par le Cabinet Performance Group, lequel est parvenu à la même conclusion et a formulé des recommandations. De façon globale, celles-ci imposent, «parallèlement au recouvrement intégral de la TCI, l’ajustement des charges, l’amélioration de la gouvernance des institutions communautaires, ainsi que la rationalisation du dispositif institutionnel global de l’UEAC».

Sans ces réformes, de l’avis des experts, le budget de 89 224 324 973 FCFA qui vient d’être adopté risque de manquer de réalisme, puisque dans cette hypothèse, «la réduction des coûts ne suffirait pas pour garantir la viabilité budgétaire de l’UEAC», ont-ils prévenu. C’est la raison pour laquelle une évaluation à mi-parcours du budget 2021 a été prescrite et qu’un engagement a été pris de parachever le processus de rationalisation des deux CERs d’Afrique centrale.

Théodore Ayissi Ayissi

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