Risque élevé d’exposition de la microfinance au Covid-19 en zone CEMAC

La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a de quoi s’inquiéter pour les établissements de microfinance (EMF).

Depuis la survenue de la pandémie de Covid-19, l’organe en charge de la surveillance de l’activité bancaire au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) n’a de cesse d’appeler les acteurs du secteur au respect des normes prudentielles. Force est toutefois de constater que cet appel n’est pas toujours suivi d’effet, ainsi que le confirme le dernier rapport de politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), publié le 27 avril dernier.

La COBAC et la BEAC déplorent en effet que «les établissements de micro-finance se caractérisent par la violation de plusieurs réglementations». Au rang des griefs formulés contre les EMF, les deux institutions relèvent qu’«ils sont 9% à afficher un rapport de liquidité inférieur au minimum réglementaire de 100% en vigueur. 20% d’entre eux enfreignent la norme COBAC sur les conditions de constitution du fonds de solidarité et 30% n’observent pas l’obligation de financer à 100% leurs immobilisations par leurs ressources permanentes».

Toutes choses qui peuvent d’ailleurs justifier que sur la période 2015-2019, la BEAC relève «un recul de leurs performances. Le total agrégé des bilans de l’ordre de 1 195 milliards FCFA en 2015 est descendu à 1063 milliards FCFA en 2018, soit un recul de 11%», d’après le rapport. Si cette contre performance peut s’expliquer par l’exclusion d’un acteur majeur devenu entre temps une banque, il reste tout de même que plusieurs indicateurs sont inquiétants. C’est le cas de la collecte des dépôts et de l’excédent de trésorerie qui ont enregistré une baisse respective de 25% et 22%.

TAA

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