Projet CAB-Cameroun : La colère de Libom Li Likeng

Eu égard au retard qu’accuse la composante Cameroun du projet Central African Backbone (CAB), la 7e session ordinaire du comité national de pilotage, réunie le 27 février 2019 à Yaoundé, tient sa feuille de route.

 

Mme Libom Li Likeng: pour l’accélération du projet CAB

Pour une session ordinaire, les travaux épousaient aussi un ordre du jour ordinaire. Sur le programme remis à la presse figuraient en effet deux points : l’évaluation de l’état de mise en œuvre globale du projet, l’examen et l’adoption des mesures idoines pour une exécution rationnelle et accélérée, en vue de l’atteinte des résultats escomptés dans les meilleurs délais possibles. Seul l’état d’avancement du même projet dans les autres pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) manquait sur ce listing.

Colère
Interpelés sur le sujet, quelques membres du comité ont préféré renvoyer les journalistes aux conclusions des travaux à huis clos. Des indiscrétions qui ont pu fuiter, l’on apprend que Minette Libom Li Likeng, la ministre des Postes et Télécommunications (et par ailleurs présidente dudit comité) s’est indigné du retard du Cameroun.

La Minpostel, apprend-on, s’est montrée amère ce d’autant plus qu’au Congo, la première phase du projet est bouclée et amorce la seconde. Pour le membre du gouvernement, le seul indice flatteur pour la composante Cameroun reste la qualité des bilans. Mais, elle a fustigé le comportement de certains acteurs et les délais de leur réaction.

Harcelée par la presse, Minette Libom Li Likeng a affirmé avoir écrit à son homologue de l’Économie (Minepat) en sa qualité d’interlocuteur des bailleurs de fonds étrangers. Elle a aussi promis d’inviter, à titre consultatif, le représentant de la Caisse autonome d’amortissement.

À titre de rappel, le projet CAB est né de la volonté des chefs d’État de l’Afrique centrale qui, lors du Sommet de la Cemac tenu à N’Djamena en mai 2007, ont adopté une déclaration commune appelant la mise en œuvre d’un réseau de télécommunications haut débit d’Afrique centrale, en cohérence avec la stratégie d’intégration régionale. Il est question, entre autres, d’encourager le partenariat public-privé (PPP) et de développer les marchés de vente en gros (opérateurs de réseau).

Cette déclaration des chefs d’État a été guidée par l’absence d’un réseau haut débit dans chaque pays de l’Afrique centrale, dont l’impact du coût élevé des services des télécommunications/TIC sur le climat des affaires dans la sous-région. En effet, sans un accès à des services de télécommunications/ TIC à bon prix et de bonne qualité, les échanges commerciaux entre les pays et à l’intérieur de chaque pays sont coûteux ; ce qui limite les opportunités de création d’emplois et d’extension de la production des biens et services.

Jean-René Meva’a Amougou

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