Liberté de la presse : les États de la Cemac toujours mauvais élèves

Dans le classement 2021 de Reporters sans frontières (RSF), le Gabon est le pays qui garantit le mieux les libertés de la presse dans la sous-région Afrique centrale. 117e sur 180 pays au monde, le secteur médiatique du Gabon affiche de multiples «signaux  encourageants» et le pays a même gagné quatre nouvelles places au niveau mondial cette année.

Le siège de la Cemac à Bangui

Pour ce qui est du Congo, il est 118e au monde. Dans ce classement, RSF fait savoir que si le pays affiche un certain pluralisme avec l’existence d’une vingtaine de télévisions privées, d’une vingtaine de journaux et d’une quarantaine de radios, les médias sont fortement incités à l’autocensure et appartiennent pour beaucoup à des proches du pouvoir.

Pour sa part et comme l’année dernière, le Tchad figure à la 123e position. «Il ne fait pas bon être journaliste au Tchad(…) Les pressions se sont accentuées en 2020. Plus d’une douzaine de journaux ont été suspendus en application de la nouvelle loi sur la presse (…) Les reporters sont régulièrement arrêtés après la publication de certains articles. La plupart d’entre eux sont libérés assez rapidement, mais d’autres sont maintenus en détention arbitraire pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et certains subissent de mauvais traitements en prison», alerte Reporters Sans Frontière.

S’agissant de la position du Cameroun, on peut se demander si ce pays est dangereux pour les journalistes ? Le vert-rouge-jaune (135e place) est considéré par RSF comme faisant partie des pays du continent les plus à risque pour les journalistes malgré la kyrielle de médias répertoriés dans le pays. Le directeur Afrique de (RSF), Arnaud Froger, rapporte que le nombre élevé de médias «ne suffit pas à assurer un environnement favorable aux médias, et il n’est pas rare que les journalistes subissent détentions arbitraires et poursuites, notamment devant des tribunaux militaires ou des juridictions spéciales».

Cela dit, c’est la Guinée Équatoriale (164e) qui ferme la marche dans ce classement sous-régional. «Les quelques journalistes qui tentent de réaliser des reportages indépendants sont considérés comme subversifs et comme les ennemis du régime. Ils peuvent être licenciés à tout moment, ils peuvent être détenus, leurs programmes peuvent être suspendus et leur équipement confisqué», fustige RSF.

Landri Kamdem 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!