Banques / Finances : Construire le «cadre amiable»

Institué par le président de la République Paul Biya le 27 avril 1990, Pierre Numkam donne le bilan et perspectives au cours d’un point de presse tenu le mardi 27 avril à Douala.

31 ans déjà que le président de la République Paul Biya a signé  «Le  cadre amiable», qui jusqu’ici selon Pierre Numkam, auditeur bancaire, n’a pas encore pris effet puisque pas encore entré en application. «Le  cadre amiable»,  est une ordonnance signée par le président de la République qui a pour  but de  redresser les banques et les microfinances actuellement en faillite et menacées d’une mise en liquidation qui peut intervenir à tout moment; et de vaincre la crise de pénurie de devises qui frappe les pays conduisant inexorablement vers une nouvelle dévaluation  du FCFA. Mais dans l’esprit présidentiel, il s’agit également de restituer aux clients leurs dépôts (épargnes) dans les banques et microfinances qui ont fermé leurs portes; et d’ouvrir aux microfinances l’accès aux ressources monétaires afin que toutes les populations aient accès aux prêts bancaires pour financer leurs besoins et sortir de la pauvreté.

Ces dernières années, au moins cinq banques camerounaises sont tombées en faillite à cause de la mauvaise gestion des fonds. Les créances réputées être en souffrance étant de 610 milliards FCFA pour le Cameroun et de 1928 milliards FCFA pour l’ensemble de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), représentant ainsi 23% du système bancaire.   Au vu de ces chiffres, selon Pierre Numkam, auditeur bancaire, «nous sommes au bord de l’effondrement», déclare-t-il. Dans son opuscule, «Volume introductif à la campagne d’information et de formation à la pratique de l’audit bancaire aux fins de construire ‘‘le cadre amiable’’ institué par le président Paul Biya», l’auteur Pierre Numkam, décrit pas à pas son combat avec les membres du gouvernement  afin de mettre en application cette loi. Mais personne n’en tiendra compte.  Selon la même source, «si les autorités s’y étaient intéressés, notre système bancaire ne serait pas en difficulté», et de fait, «il y aurait eu moins de pauvreté» dit-il. 

Solutions

L’expert propose alors deux points forts qui permettront aux banques d’éviter la faillite : il faut retrouver tous ceux qui ne parviennent pas à rembourser leurs crédits où qu’ils se trouvent et les contraindre à venir solder leur compte dans les banques, les procureurs de la République représentant les épargnants. Ainsi, lorsque quelqu’un ne parvient pas à récupérer son épargne, il faut qu’il saisisse le procureur de la République qui doit convoquer la banque et les mettre ensemble afin de comprendre ce qu’il ne va pas, en attendant que l’instance agréée rende une autre ordonnance pour mieux clarifier «Le cadre amiable».

De même, le procureur de la République doit saisir toute personne qui ne parvient pas à rembourser son crédit afin qu’elle s’entende avec sa banque et l’amène à adapter les crédits à ses besoins.  L’ordonnance a plus valeur à prévenir la faillite bancaire que d’attendre que la banque fasse faillite afin d’être liquidée. L’auditeur bancaire veut mener ce combat jusqu’au bout afin que le Cameroun de demain soit un Cameroun meilleur qui sera capable d’éponger ses dettes.

Diane Kenfack

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