Vulgarisation des méthodes contraceptives : Les médias appelés à la rescousse

Selon le ministère de la Santé publique et ses partenaires, les approches conduites exclusivement par les spécialistes de la santé de reproduction ont abouti à des échecs sur les deux dernières années. D’où la main tendue en direction de la presse.

Photo de famille au terme de la formation

« Nous vous avons appelés pour nous aider à faire passer la pilule… Il s’avère que nous échouons en pilotant par nous-mêmes la politique de santé de reproduction». En s’adressant à une trentaine de journalistes et assimilés exerçant dans quelques medias nationaux et internationaux, Robinson Mbu, le directeur de la santé familiale au ministère de la Santé publique (Minsanté) pense, de bonne foi, mettre un terme à un échec trop visible. «Notre objectif d’attendre 30% en termes d’utilisation du nouveau contraceptif (SAYANA PRESS) dans les ménages avant 2020 n’est pas atteint», confesse le fonctionnaire.

Compilés, nos indicateurs montrent que nous oscillons entre 12 et 14,8% depuis 2016, date à laquelle le gouvernement et ses partenaires avaient décidé d’introduire le préservatif féminin dans 3 villes pilotes : Pitoa, Guider et Bafia», poursuit-il. En clair, bien que centré sur le contrôle des naissances et la santé maternelle et destiné aux couples, le message passe difficilement. Bien plus, le manque de «personnes ressources locales» plafonne, chaque jour, le budget de ce programme financé par la banque islamique à hauteur de 18 millions de dollars américains.

Au moment où l’approche initialement adoptée s’avère être au centre de plusieurs questionnements, le Minsanté entend faire un usage avisé d’autres canaux de diffusion. À Edéa (Sanaga-Maritime), du 16 au 19 octobre 2018, ce département ministériel a, à cet effet, organisé un atelier de renforcement des capacités des médias et réseaux de communication. Au centre des travaux, «la planification familiale et la promotion des méthodes contraceptives modernes».

Redonner sens
Dans le fond, il s’agit de passer par les médias pour générer la demande en contraceptifs au Cameroun. Selon Youssouf Ouédraogo, «le projet veut se redonner un sens solide grâce à l’effet du traitement que la presse va lui accorder». L’expert en santé familiale et représentant du Fond des Nations unies pour la population (UNFPA) estime que la bonne intelligence avec les médias dans la poursuite du projet revêt un intérêt multiple. «Cela permet, dans l’intervalle de temps qui nous reste, à l’initiative de construire non seulement sa propre temporalité, mais également qu’elle puisse s’affranchir des intermédiaires, pour nouer un rapport exclusif avec les couples», dit-il.

Évoluant sur la même veine, Robinson Mbu n’en dit pas moins. Pour ce gynécologue-obstétricien, «les médias seront d’une importance capitale si nous voulons réaliser cet objectif. Ils jouent un rôle majeur dans le renforcement et l’accroissement de la couverture des questions liées à la planification familiale. Ce d’autant plus que parmi les journalistes, il y en a qui sont des convaincus passionnés du planning familial et qui se sont voués à la promotion de cet aspect très important de la santé et des droits de la santé sexuelle et reproductive».

Afin de réduire le taux élevé de mortalité maternelle qui est de 782 décès pour 100 000 naissances par an, le Cameroun a adhéré en 2014 au programme UNFPA de vulgarisation des nouveaux contraceptifs moderne. . Le problème est que le programme prend fin en 2020 et à ce jour, seules 400 000 femmes sur 900 000 attendues sont inscrites au programme.

André Balla (Stagiaire)

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