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Victoire et qualification face aux Éléphants : Un trône pour le Nzalang Nacional à Yaoundé

Les étudiants équato-guinéens ont érigé le lieu-dit Coron en sanctuaire à la gloire de leur équipe nationale de football après la performance du 22 janvier dernier.

 

«On ne nous avait jamais respectés en Afrique en matière de football. Mais aujourd’hui, les choses ont changé. J’espère que le monde a vu la bastonnade infligée au pays organisateur, une grande nation de football». Cette phrase à elle seule traduit toute la joie et la fierté de José, un Équato-Guinéen et un très grand fan du Nzalang Nacional. Tout souriant, il jubile à la suite à la victoire des siens sur un score de 4-0 face aux Éléphants de la Côte d’Ivoire.

Les faits se déroulent dans un bar situé au quartier Coron, où ces supporters de l’équipe équato-guinéenne ont domicilié leur quartier-général (QG). On compte une centaine d’Équato-guinéens décidés à festoyer toute la nuit. En ce haut lieu, la tenue quasi-obligatoire est le maillot de couleur rouge, identité de l’équipe de leur pays. Les moins nantis se permettent d’arborer un simple T-shirt de couleur rouge. En plus de cela, le snack-bar est bardé de drapeaux, alors que certains fans préfèrent accrocher ce maillot sur leurs épaules.

La bière coule à flot, et les travailleurs dudit snack-bar sont sous pression. Ils doivent non seulement servir, mais aussi décharger et mettre la bière au frais. «Nous allons boire toute la nuit, donc il faut mettre la bière au congélateur», dit François, un autre fan de nationalité équato-guinéenne.

                    Réjouissance conflictuelles

Sur le podium improvisé, les filles se trémoussent au rythme des sonorités espagnoles et Fang. Celles-ci passent en boucle. Mais après constatation d’une baisse de régime d’ambiance, Kougnor, le DJ, va mettre une musique d’ambiance ivoirienne. Il s’agit du titre «Coup du marteau» de Tam-Sir. La musique a une saveur particulière, elle lève tout le monde et permet de redonner un coup de neuf à l’ambiance. Jouée après près de deux heures, elle permet aussi de chambrer les Ivoiriens. Même si ceux-ci ne sont pas sur les lieux, l’on les entend de temps en temps également crier.

La soirée prend une autre saveur, lorsqu’un individu s’invite et provoque la bagarre. Cette situation ne déteint pas sur l’ambiance. Raymond Edu, le chef de cette communauté, se dit très soulagé de voir la situation revenir à la normal. Le fauteur de trouble est même invité à la grande soirée de célébration. «Nous sommes dans la fête, et le monsieur est du quartier, dont nous devons fêter avec lui», déclare-t-il.

Nouveaux rois

«On devait même mettre 5 buts à zéro! Ici au Cameroun, les Ivoiriens nous avaient piégés en marquant un but à la dernière minute», se souvient Juan. Ce dernier est en pleine conversation WhatsApp avec un de ses frères se trouvant à Bata. On peut aussi voir d’autres petits groupes échanger, soit par WhatsApp, soit par Facebook. Dans une autre conversation, via un coup de fil de Maria, une des grandes animatrices de la soirée dit à une de ses amis: «nous sommes les nouveaux rois de la zone Cemac dans le domaine du football. Votre époque est révolue», dit-elle, s’adressant aux Camerounais.

 

André Gromyko Balla

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