Vaccination anti-Covid-19 : 10 millions de Camerounais dans le viseur

L’Africa CDC en partenariat avec Mastercard Foundation, la Croix-Rouge camerounaise, les ministères de la Santé publique et de la Communication, a organisé ce 19 janvier 2023 à Yaoundé, une réunion de concertation. Objectif : améliorer la communication en vue d’amener la population cible à se faire vacciner.

 

Les Camerounais ne se vaccinent pas contre le coronavirus ! C’est le constat fait ce jeudi lors de la réunion de concertation des acteurs de la communication sur les risques et engagements communautaires (CREC) en faveur de la poursuite de la riposte contre le Covid-19. Les statistiques présentées à cette occasion le suffisent. Le Dr Simon Noudji, médecin et chef de service Mobilisation sociale auprès de la direction de la promotion de la Santé, s’est également penché pendant près de 45 minutes sur ces résultats. Ces derniers ont démontré que sur les plus de 13 millions de populations à vacciner, seul 20 % ont reçu la dose de vaccin. Soit 4 millions de doses administrées. Concernant la contamination, le Cameroun enregistre 124 257 cas de Covid, avec 1965 décès pour 98,4% de taux de guérisons. Le pays connaît jusqu’ici 5 vagues épidémiologiques dont la dernière est la variante Omicron. Toujours en termes de statistiques, l’on constate également que le pays de Paul Biya a un taux de létalité (Ratio entre les personnes décédées et les personnes infectées) bas en Afrique, mais élevé dans le monde. On a respectivement 1,6% pour le Cameroun, alors que l’Afrique est à 2,1%, contre 1% pour le monde.

 

Colère

Ces statistiques provoquent l’ire de Kamsohloum Elhadji Hachini. Le sous-directeur de l’hygiène et de l’assainissement exige de l’Etat du Cameroun des mesures fortes, afin d’amener les Camerounais à se vacciner. Pour que cela se fasse, le représentant du ministère de la Santé publique évoque la loi du 23 novembre 1964 sur la vaccination préventive obligatoire. « Le Cameroun n’a jamais abrogé la loi sur la vaccination préventive obligatoire. Nous étions vaccinés à l’époque et nous voici aujourd’hui», un tenu à contraint le spécialiste de la santé. Sa colère est plus accentuée lorsqu’il se révèle que la couche sociale ayant permis la hausse du taux de vaccination, est la population carcérale, notamment celle des régions du Centre, du Sud et de l’Ouest. Il est inconcevable pour l’homme de santé que les autres couches sociétales ne se fassent pas vacciner.

Comment faire ?

Quelques propositions visant à doper la vaccination en vue de lutter contre cette pandémie sont soumises par les experts conviés à la réunion. L’une des propositions phares est la transparence dans le processus de fabrication des vaccins. « Qu’on dise en toute franchise les étapes de fabrication et les molécules utilisées pour la production du vaccin », peut-on lire dans le rapport d’un des groupes d’experts.

L’autre proposition importante est soulignée par Manassé Adouémé. L’acteur de la société civile parle «d’avoir des données des personnes qui ont été vaccinées et ont été procrées». A en croire le secrétaire permanent du Réseau des organisations de la société civile camerounaise One Heath Cameroun, cela permettra de déconstruire les idées reçues. « Comme celle qui dit que les vaccins sont conçus uniquement pour rendre les Africains stériles », évoque-t-il. L’autre proposition est la contextualisation des spots et messages. Dans leurs rapports, les experts fustigent le fait que les messages dans les médias de masse, surtout dans les radios communautaires soient en français et en anglais. Pour eux, les messages en langue locale sont plus efficaces et adéquats pour les cibles.

 

André Gromyko Balla

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